Récession : les travailleurs européens moins mobiles [FR]
L’afflux de travailleurs en provenance des ex-pays communistes vers les anciens membres de l’UE a eu un impact extrêmement positif sur les économies de ces derniers, mais l’immigration interne semble avoir atteint son plafond. C’est ce qu’indique un rapport de la Commission européenne publié hier 18 novembre
L’afflux de travailleurs en provenance des ex-pays communistes vers les anciens membres de l’UE a eu un impact extrêmement positif sur les économies de ces derniers, mais l’immigration interne semble avoir atteint son plafond. C’est ce qu’indique un rapport de la Commission européenne publié hier 18 novembre
Contredisant les craintes de plus en plus grandes qui se généralisent parmi les citoyens de l’UE des 15, qui pensent que la nouvelle immigration conduira à des pertes d’emplois dans leur pays, le rapport indique qu’il n’y a pas de perturbation sérieuse sur leurs marchés du travail.
En effet, la Commission affirme que les travailleurs mobiles ont apporté une contribution importante à la croissance économique durable au cours des dernières années en répondant à la pénurie du marché du travail sans trop exiger de l’Etat providence. Selon le rapport, rien ne prouve que les travailleur des nouveaux Etats membres ont déplacé les travailleurs locaux ou ont fait baisser sensiblement les salaires, même dans les pays où les flux migratoires ont été considérables.
Ces flux migratoires sont déterminés par les lois de l’offre et de la demande, a conclu Vladimír Špidla, le commissaire européen à l’Emploi, aux affaires sociales et à l’égalité des chances.
Selon lui, tous les pays qui ont ouvert leur marché estiment que cette initiative était appropriée, mettant l’accent sur le fait que la libre circulation des travailleurs est un droit fondamental de l’UE.
Alors que M. Špidla a reconnu que dans certains cas, des problèmes font surface dans le secteur du logement et de la petite enfance, il a déclaré que le marché européen du travail n’a jamais connu de problèmes.
Les travailleurs non européens toujours plus nombreux que la main-d’œuvre immigrée interne
Une analyse connexe d’Eurostat, menée en 2006, avait indiqué que sur les trois millions d’immigrés étrangers établis dans les pays de l’UE, 40 % étaient citoyens de l’UE des 27.
Ainsi, une nette majorité d’immigrés étaient originaires d’un pays tiers. Les 60 % d’immigrés étrangers restants provenaient quasiment à part égale de pays européens tiers, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique, chacune de ces catégories représentant approximativement 15 %.
Les pays comptant l’immigration nette la plus élevée étaient le Luxembourg, l’Irlande, Chypre et l’Espagne. Quant aux plus grands groupes d’immigrés étrangers au sein de l’UE, il s’agissait des citoyens polonais (environ 290 000) et roumains (environ 230 000).
Ralentissement économique et déclin des flux migratoires
Il est intéressant de constater que le rapport de la Commission indique que l’immigration interne de l’UE pourrait déjà avoir atteint son plafond.
Pour M. Špidla, l’explication est double. Premièrement, la réduction des différences de revenu entre Etats membres ralentira le mouvement. En effet, les perspectives économiques étrangères perdent ainsi de leur attrait pour les travailleurs, qui sont dès lors moins enclins à quitter leur pays.
La crise économique actuelle constitue un second facteur d’importance, a expliqué le commissaire. Selon lui, de nombreux travailleurs retournent dans leur pays, ou ne viennent tout simplement pas, si les conditions économiques deviennent moins favorables. A son avis, l’UE avait selon toute évidence déjà atteint un plafond en termes de flux migratoires.
Les pays européens soutiennent une politique migratoire commune
Dans un même ordre d’idée, une enquête commandée par le German Marshall Fund of the United States a montré que la plupart des citoyens européens souhaitent que le politique migratoire soit décidée au niveau de l’UE.
Toutefois, certaines divergences restent marquées entre les différents Etats membres. L’enquête a montré que si la majorité des Français, des Allemands et des Italiens étaient prêts à céder leur souveraineté à l’UE pour formuler une politique migratoire commune, seuls 28 % des Britanniques souhaiteraient une politique européenne commune sur la question. L’opinion publique était partagée aux Pays-Bas et en Pologne.