Réforme du pacte sur la migration : le président des conservateurs allemands soutient la décision de la Pologne
Friedrich Merz, président de la CDU allemande, actuellement dans l'opposition, a apporté son soutien au « point de vue » du Premier ministre Donald Tusk, qui souhaite suspendre partiellement le droit d’asile en Pologne.
Friedrich Merz, le président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) allemande, actuellement dans l’opposition, a apporté son soutien au « point de vue » du Premier ministre Donald Tusk, qui souhaite suspendre partiellement le droit d’asile en Pologne et envisage de ne pas respecter le pacte migratoire de l’Union européenne (UE).
Friedrich Merz est le favori des sondages, à l’approche des élections fédérales de 2025, et semble en bonne place pour remplacer le social-démocrate Olaf Scholz (SPD) à la chancellerie.
Donald Tusk, dont le parti est membre du Parti populaire européen (PPE) tout comme la CDU de Friedrich Merz, a justifié sa proposition en évoquant les plans présumés de la Russie et de la Biélorussie de provoquer une augmentation soudaine de l’immigration irrégulière à la frontière polonaise, afin de déstabiliser le pays.
La Commission européenne a toutefois rappelé lundi 14 octobre à Donald Tusk que l’accès aux procédures d’asile était une obligation légale, ce qui a conduit le Premier ministre polonais à répondre qu’il « ne négocierait pas sur la sécurité ».
« Je partage l’avis du Premier ministre polonais selon lequel nous devons élaborer des règles différentes en Europe pour contrer l’utilisation, par la Russie et la Biélorussie, de l’immigration en tant qu’arme hybride […] contre l’Europe », a déclaré Friedrich Merz aux journalistes après une réunion du PPE.
« Cela doit également être discuté au sein du Conseil européen », a-t-il souligné, faisant remarquer que des débats similaires avaient lieu aux Pays-Bas, en France et en Hongrie. Friedrich Merz avait déjà suscité la controverse, en pressant le gouvernement allemand de réintroduire des contrôles aux frontières allemandes.
Les dirigeants de l’UE se réunissent pour le Conseil européen, jeudi 17 octobre à Bruxelles, et la question de l’immigration figure en tête de l’ordre du jour.
Membre de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU), Alexander Dobrindt, a également mis en garde le chancelier Olaf Scholz contre le blocage de toute nouvelle mesure visant à réduire l’immigration irrégulière, lors des discussions du Conseil.
Il a ainsi évoqué « le large débat en Europe sur la manière de compléter le compromis européen sur l’asile par des mesures supplémentaires et efficaces ».
Toutefois, « si l’Allemagne empêche une fois de plus la conclusion d’un accord, les actions nécessaires ne pourront pas être prises », a ajouté Alexander Dobrindt.
Parallèlement, des représentants du gouvernement de coalition de centre gauche allemand ont critiqué le plan de Donald Tusk.
« L’objectif de [Vladimir] Poutine est de diviser les sociétés européennes. C’est pourquoi il est si important, surtout lorsqu’il s’agit de migration, que les Européens travaillent ensemble », a expliqué la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, aux journalistes mardi 15 octobre.
C’est pourquoi le Pacte sur l’asile et la migration devrait être « adopté de manière ambitieuse et mis en œuvre au niveau national », a-t-elle souligné.
Annalena Baerbock a indiqué qu’elle avait dit au gouvernement polonais au cours de l’été que la réforme laissait également de la place pour des mesures d’urgence par le biais du règlement pour les situations de crise et a promis que l’Europe assumerait davantage de responsabilités pour ses frontières extérieures, « également à l’est ».
[Édité par Anna Martino]