Remue-ménage chez les eurosceptiques [FR]

L’eurodéputé conservateur britannique Edward McMillan-Scott s’est arrogé un poste de vice-président du Parlement européen hier (14 juillet), exaspérant son groupe politique, les conservateurs et réformistes européens (ECR), qui avaient désigné le Polonais Michal Tomasz Kaminski comme leur champion.

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L’eurodéputé conservateur britannique Edward McMillan-Scott s’est arrogé un poste de vice-président du Parlement européen hier (14 juillet), exaspérant son groupe politique, les conservateurs et réformistes européens (ECR), qui avaient désigné le Polonais Michal Tomasz Kaminski comme leur champion.

M. McMillan-Scott, l’enfant terrible du nouveau groupe ECR, a récolté suffisamment de signatures pour concourir comme candidat indépendant et il a remporté 244 votes contre 174 pour M. Kaminski dans le troisième tour de vote pour l’élection des vice-présidences du Parlement.

Il a immédiatement été exclu du parti après sa victoire, créant des fraîches divisions au sein du plus jeune groupe politique de l’assemblée européenne, qui regroupe des partis conservateurs opposés à une Europe fédérale (EURACTIV 23/06/09).

Plutôt que de sortir le fouet, David Cameron devrait se montrer satisfait de voir qu’un Tory est toujours au sommet en Europe, a déclaré M. McMillan-Scott à EURACTIV après son élection, adressant ses commentaires au dirigeant britannique des Tories à Londres.

M. McMillan-Scott peut maintenant soit siéger en tant qu’eurodéputé indépendant, soit rejoindre l’important Parti populaire européen (PPE) de centre droit, selon des sources au Parlement.

Toute cette affaire est embarrassante pour les Tories, qui ont quitté le PPE plus tôt cette année pour former l’ECR malgré les mises en garde : cette manœuvre signifierait leur isolement de la politique traditionnelle européenne.

L’échec de l’ECR à décrocher une vice-présidence diminuera son influence au Parlement, puisque les quatorze eurodéputés élus à ce poste sont membres du Bureau chargé de fixer l’agenda de l’assemblée, son budget et ses règles de procédure.

Renégat

M. McMillan-Scott, 59 ans, eurodéputé du Parti Conservateur depuis 25 ans, n’a pas caché son embarras vis-à-vis de l’allié polonais au sein de l’ECR, le parti Droit et Justice (PiS), qui a interdit les défilés homosexuels en raison de leur caractère « sexuellement obscène ».

La désignation de M. Kasinski comme candidat de l’ECR pour la vice-présidence avait valeur de concession permettant de sécuriser l’appartenance du PiS au nouveau groupe mené par les conservateurs britanniques. Il est également un proche collaborateur de Lech Kaczy?sky, le président conservateur polonais, qui a promis que son pays serait le dernier à signer le traité européen de Lisbonne.

Commentant son élection en tant que vice-président, M. McMillan-Scott a déclaré que le public souhaitait voir de la transparence et une vraie démocratie entre leurs parlementaires, à Bruxelles comme à Westminster.

En m’affichant comme candidat indépendant – et ce pour les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme pour lesquels j’ai travaillé en Europe pour les promouvoir mondialement – j’ai commencé à répondre à ces attentes, a ajouté M. McMillan. 

Quatorze vice-présidents élus

C’est la première fois qu’un candidat indépendant se fraye un chemin à travers le système traditionnel de nomination, qui favorise les groupes politiques établis, selon des sources au Parlement. Le vote s’est déroulé hier, à bulletin secret, à Strasbourg.

Mardi, on a élu un total de quatorze vice-présidents au Parlement européen. Les vice-présidents s’occupent essentiellement des décisions financières, organisationnelles et administratives sur tout ce qui concerne les eurodéputés et l’organisation interne du Parlement, conjointement avec le président. Ils remplacent également le président pour des fonctions protocolaires.

Les nouveaux vice-présidents sont Roberta Angelilli (Italie, PPE), Isabelle Durant (Belgique, Verts/EFA), Silvana Koch-Mehrin (Allemagne, ADLE), Rodi Kratsa-Tsagarapoulou (Grèce, PPE), Stavros Lambrinidis (Grèce, S&D), Miguel Angel Martinez Martinez (Espagne, S&D), Giovanni Pittella (Italie, S&D), Dagmar Roth-Behrendt (Allemagne, S&D), Libor Roucek (République tchèque, S&D), Pal Schmitt (Hongrie, PPE), Alejo Vidal-Quadras (Espagne, PPE), Diana Wallis (Royaume-Uni, PPE), Rainer Wieland (Allemagne, PPE).