Remue-ménage chez les eurosceptiques
L’eurodéputé conservateur britannique Edward McMillan-Scott s’est arrogé un poste de vice-président du Parlement européen à l’occasion de la session plénière du Parlement européen. La manœuvre a exaspéré son groupe politique, les conservateurs et réformistes européens (ECR), qui avaient désigné le Polonais Michal Tomasz Kaminski comme candidat favori.
L’eurodéputé conservateur britannique Edward McMillan-Scott s’est arrogé un poste de vice-président du Parlement européen à l’occasion de la session plénière du Parlement européen. La manœuvre a exaspéré son groupe politique, les conservateurs et réformistes européens (ECR), qui avaient désigné le Polonais Michal Tomasz Kaminski comme candidat favori.
Edward McMillan-Scott, l’enfant terrible du nouveau groupe ECR, a récolté suffisamment de signatures pour concourir comme candidat indépendant au poste de vice-président du Parlement européen. Il a remporté 244 votes contre 174 pour M. Kaminski dans le troisième tour de vote pour l’élection des vice-présidences du Parlement.
Il a immédiatement été exclu du parti après sa victoire, créant de franches divisions au sein du plus jeune groupe politique de l’assemblée européenne, qui regroupe des partis conservateurs opposés à une Europe fédérale (EURACTIV.com 23/06/09).
« Plutôt que de sortir de ses gonds, David Cameron devrait se montrer satisfait de voir qu’un Tory est toujours au sommet en Europe », a déclaré M. McMillan-Scott à EURACTIV.com après son élection.
M. McMillan-Scott a désormais deux solutions : il peut soit siéger en tant qu’eurodéputé indépendant, soit rejoindre l’important Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, selon des sources du Parlement.
Cette affaire est embarrassante pour les Tories, qui ont quitté le PPE plus tôt cette année pour former l’ECR. Il est en effet fort probable que cette manœuvre les isole des courants politiques traditionnels dans l’UE.
L’incapacité de l’ECR à décrocher un poste de vice-président fera d’autant plus diminuer son influence au Parlement, puisque les quatorze eurodéputés élus à ce poste sont membres du bureau chargé de fixer l’agenda de l’assemblée, son budget et ses règles de procédure.
Renégat
M. McMillan-Scott, 59 ans, eurodéputé du Parti conservateur britannique depuis 25 ans, n’a pas caché son embarras vis-à-vis de l’allié polonais au sein de l’ECR, le parti Droit et Justice (PiS), qui a interdit les défilés homosexuels en raison de leur caractère « sexuellement obscène ».
La désignation de M. Kaminski comme candidat de l’ECR pour la vice-présidence faisait office de concession. Elle permettait de sécuriser l’appartenance du PiS au nouveau groupe mené par les conservateurs britanniques. C’est également un proche collaborateur de Lech Kaczy?sky, le président polonais, qui a promis que son pays serait le dernier à signer le traité européen de Lisbonne.
Commentant son élection en tant que vice-président, M. McMillan-Scott a déclaré que « le public souhaitait voir de la transparence et une vraie démocratie entre leurs parlementaires, à Bruxelles comme à Westminster ».
« En m’affichant comme candidat indépendant – et ce pour les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme pour lesquels j’ai travaillé en Europe pour les promouvoir mondialement – j’ai commencé à répondre à ces attentes », a-t-il ajouté.
Quatorze vice-présidents élus
C’est la première fois qu’un candidat indépendant se fraye un chemin à travers le système traditionnel de nomination, qui tend à favoriser les groupes politiques établis. Le vote s’est déroulé mardi 14 juillet, à bulletin secret, à Strasbourg.
Quatorze vice-présidents ont été élus au Parlement européen. Les vice-présidents s’occupent essentiellement des décisions financières, organisationnelles et administratives sur tout ce qui concerne les eurodéputés et l’organisation interne du Parlement, conjointement avec le président. Ils remplacent également le président pour des fonctions protocolaires.