Richard Howitt : Plusieurs approches pour la responsabilité des entreprises
Le débat sur l'obligation ou non de rendre des rapports est terminé et la proposition de l'UE sur la responsabilité sociale des entreprises va dans la bonne direction. C'est ce qu'a déclaré l'eurodéputé Richard Howitt en charge du dossier au Parlement européen, lors d'un entretien accordé à EURACTIV. Après des années de discussions, cette proposition sera dévoilée aujourd'hui par la Commission européenne.
Le débat sur l'obligation ou non de rendre des rapports est terminé et la proposition de l'UE sur la responsabilité sociale des entreprises va dans la bonne direction. C'est ce qu'a déclaré l'eurodéputé Richard Howitt en charge du dossier au Parlement européen, lors d'un entretien accordé à EURACTIV. Après des années de discussions, cette proposition sera dévoilée aujourd'hui par la Commission européenne.
Le débat sur le choix entre une approche volontaire ou contraignante est révolu. « Finissons-en aujourd'hui ! Ceux qui pensent qu'une seule approche est possible se trompent, l'UE doit adopter un « savant mélange » d'approches réglementaires et volontaires », a déclaré M. Howitt.
L'eurodéputé a cité l'exemple du Danemark, où 1100 des plus grandes entreprises sont obligées d'envoyer des rapports concernant leur impact sur l'environnement et les droits de l'Homme. Dans le cas contraire, ils doivent se justifier de leur refus de coopérer.
« Il s'agit précisément d'un exemple de « savant mélange » qui au cours de la première année seulement, a été respecté dans 97 % des cas », a ajouté M. Howitt.
Certaines lacunes demeurent toutefois dans le domaine de la gouvernance dans l'Union. Ces lacunes sont clairement mentionnées dans le cadre de l'ONU sur les entreprises et les droits de l'Homme. « J'espère qu'en promouvant la mise en oeuvre de ces mesures dans les Etats membres, l'UE n'oubliera pas de se surveiller elle-même », a expliqué l'eurodéputé.
Selon M. Howitt, la proposition de la Commission qui devrait être dévoilée aujourd'hui par les commissaires Michel Barnier, László Andor, respectivement en charge du marché intérieur, de l'emploi et des affaires sociales, et le vice-président Antonio Tajani, en charge de l'industrie et de l'entrepreneuriat, démontrera clairement que le débat a progressé.
La nouvelle proposition devrait mettre l'accent sur la mise en oeuvre des normes RSE par les entreprises européennes et ouvrir la voie à de nouvelles propositions sur la notification des impacts sociaux, environnementaux et sur les droits de l'Homme des entreprises.
« De manière générale, j'espère que nous assisterons aujourd'hui à la présentation d'une nouvelle approche plus directe de la RSE, dans le cadre de laquelle la Commission signifiera clairement aux entreprises qu'elle attend d'elles un projet clair s'agissant de l'intégration de la RSE dans leurs stratégies », a ajouté M. Howitt.
Pas de rapport d'entreprises superficiels
De plus en plus d'entreprises considèrent la RSE comme un élément clé de la compétitivité de leur société, et non plus comme un rapport superficiel, a insisté M. Howitt.
Ce procédé serait encouragé par les consommateurs et les investisseurs qui souhaitent connaître les défis et les menaces auxquels sont confrontées les entreprises.
Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, l'OCDE, les principes d'éthique de l'investissement de l'ONU, et même le Prince de Galles dans le cadre de son projet « la comptabilité pour la durabilité » s'accordent tous sur la nécessité de normes et d'orientations plus claires pour les entreprises et les Etats, surtout suite à la crise financière et économique.
Au-delà des frontières de l'UE
« Aujourd'hui, l'UE s'impose dans ce domaine », a déclaré M. Howitt, soulignant que l'Union pouvait jouer un rôle de leader dans le domaine de la RSE au-delà de ses propres frontières au niveau du G20. Ainsi, selon lui, l'objectif de la durabilité pourrait être intégré dans les rapports financiers des entreprises du monde entier d'ici 2020.
La durabilité et la RSE sont au cœur de la stratégie Europe 2020. « Au Parlement, je tâcherai de m'assurer que nous rassemblions tous les outils nécessaires afin que l'Europe travaille de manière coordonnée avec les entreprises pour promouvoir la durabilité », a avancé M. Howitt.
« A propos du changement climatique, les gouvernements affirment ne pas pouvoir y arriver sans les entreprises. Nous ne voulons pas nous laisser dominer par les erreurs du passé. Nous souhaitons nous concentrer sur la manière de travailler ensemble à l'avenir pour relever ces nouveaux défis. J'espère que nous pourrons opérer ce changement dans le débat sur la RSE dans son ensemble », a-t-il conclu.
Richard Howitt s'est confié à Daniela Vincenti, directrice de la rédaction chez EURACTIV.
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