Roms : des eurodéputés visitent un camp français
Cinq parlementaires européens socialistes, menés par la Française Sylvie Guillaume, se sont rendus dans un «village d’insertion» à Aubervilliers.
Cinq parlementaires européens socialistes, menés par la Française Sylvie Guillaume, se sont rendus dans un «village d’insertion» à Aubervilliers.
Aubervilliers, 11h du matin. Cinq députés européens socialistes visitent un «village d’insertion» destiné aux Roms, situé dans cette ville de la banlieue Nord de Paris. Avec ce déplacement, mardi 8 février, les parlementaires entendent montrer qu’il existe une «autre voie» que les expulsions pour gérer la présence des Roms.
Une quinzaine de bâtiments beiges, en préfabriqués, sont disposés sur un terrain propret, clos par un mur gris.
Le village abrite 13 familles, soit au total une soixantaine de personnes. «C’est une étape transitoire», souligne le maire (PS) d’Aubervilliers, Jacques Salvator. Mais depuis l’ouverture du village, en 2007, le transitoire dure. En quatre ans, seules cinq familles ont été relogées, et quatre sont «en attente» d’une solution. Un délai justifié par une «pression immobilière très forte», affirme la municipalité. Mais également par la difficulté des Roms à obtenir le titre de séjour qui leur permet de travailler.
Inclusion des Roms
«Ce type de village doit être une étape dans la réinsertion des Roms», estime le député autrichien Hannes Swoboda, qui co-préside un groupe de travail sur les Roms, au Parlement européen. Mais en l’état, l’élu se montre plutôt sceptique : «Regardez ce camp. Il est entouré de murs. C’est une forme de ségrégation. On ne doit pas s’arrêter là.»
«Les éléments que nous aurons collectés nous permettront d’aller plus loin, de contribuer à une véritable politique européenne d’inclusion des Roms, et de travailler sur une meilleure utilisation des fonds», affirme la Française Sylvie Guillaume, à l’initiative de la visite.
Le conseil municipal d’Aubervilliers a décidé de construire ce village d’insertion fin 2005, après qu’un incendie a ravagé un camp illégal de Roms. «Ca a été le déclic», se souvient le maire. Les logements ont été livrés à l’été 2007. Au total, le projet aura coûté 1,2 million d’euros, financé à la fois par la ville, la commmunauté d’agglomération et la région.
« Le FSE, c’est très lourd »
En revanche, le village n’a pas touché un centime de l’Europe. «Il n’existait aucun critère pour ce type de projet pour toucher des subventions en provenance du Fonds social européen (FSE)», affirme la maire adjointe de la ville, Christine Ratzel.
«Nous nous apprêtons à faire une demande de FSE de 40 000 euros pour le village d’Aubervilliers», explique de son côté le délégué général de l’association qui gère ce lieu, Christophe Auger. «C’est un outil qui pourrait être utile mais qui est très difficile à gérer», juge-t-il.
Son association en a fait l’expérience lorsqu’il a sollicité une subvention européenne pour aider à l’insertion des Jacques Salvator et Sylvie Guillaume
Roms dans un autre village, situé à Montreuil. «Nous avons obtenu 105 000 euros. Mais notre dossier a mis quasiment un an à être validé. Administrativement, c’est très lourd.»
«Ce n’est pas seulement une question d’argent. Les Roms sont des citoyens européens : ils ont le droit de s’installer dans un pays de l’Union européenne», affirme Sylvie Guillaume. Selon elle, les structures d’accueil du type de celle d’Aubervilliers doivent «se multiplier». «Autrement, c’est le bidonville», conclut-elle.
CALENDRIER
- 17-18 février : Voyage du groupe parlementaire socialiste à Bucarest (Roumanie)
- 6 avril : Publication d’une communication de la Commission européenne sur la stratégie européenne pour les Roms
- Avril : Résolution des eurodéputés S&D sur le stratégie européenne
