Salvini lorgne sur le ministère de l'Intérieur, mettant l'unité du gouvernement Meloni à l'épreuve
Des luttes déchirent la coalition de droite au pouvoir en Italie, alors que le vice-premier ministre Matteo Salvini (Lega/PfE) intensifie ses attaques contre son collègue de l'Intérieur Matteo Piantedosi, pour prendre sa place et de regagner un peu d'influence sur la scène politique locale.
ROME – Des luttes déchirent la coalition de droite au pouvoir en Italie, alors que le vice-premier ministre Matteo Salvini (Lega/PfE) intensifie ses attaques contre son collègue de l’Intérieur Matteo Piantedosi, pour prendre sa place et de regagner un peu d’influence sur la scène politique locale.
Ce conflit survient alors que la Première ministre Giorgia Meloni continue de diriger l’un des gouvernements les plus stables de l’histoire récente de l’Italie. Deux ans et demi après le début de son mandat, l’exécutif actuel est le cinquième à avoir duré le plus longtemps depuis la fondation de la République italienne.
Mais les frictions entre Matteo Salvini et Matteo Piantedosi révèlent de profondes lignes de fracture au sein de la coalition. Outre les questions migratoires – qui restent centrales -, le premier essaie surtout de se repositionner politiquement après des années dans une ombre relative.
Matteo Salvini fut ministre de l’Intérieur entre 2018 et 2019, une période pendant laquelle son parti, la Lega, culminait à 34 % des intentions de vote dans les sondages, contre moins de 10 % aujourd’hui.
Et la rumeur de son retour à l’Intérieur a pris un nouvel élan depuis son acquittement dans l’affaire Open Arms, durant laquelle il avait été accusé d’avoir bloqué en mer un navire transportant des exilés.
Aujourd’hui, ce retour n’est plus seulement un murmure, mais une demande politique formelle. Au cours du week-end, lors du congrès de la Lega à Florence, de hauts responsables du parti, y compris les secrétaires adjoints de Matteo Salvini et les chefs des groupes parlementaires, ont publiquement demandé le retour de leur chef au ministère de l’Intérieur.
« J’ai le devoir d’écouter les demandes de mon parti, des maires et de nos électeurs », a déclaré Matteo Salvini dimanche. « Je sais que Matteo [Piantedosi] est et restera un ami et un grand homme d’État. Je parlerai volontiers avec lui et avec Giorgia Meloni de ce que vous m’avez demandé parce que je suis à la disposition de la coalition. »
Matteo Piantedosi, qui était autrefois un proche collaborateur de Matteo Salvini en tant que chef de cabinet au ministère, est aujourd’hui considéré comme politiquement aligné sur Giorgia Meloni. Officiellement indépendant, le ministre évolue dans l’orbite de Fratelli d’Italia.
Matteo Salvini a récemment critiqué publiquement le leadership de Matteo Piantedosi, appelant à un « changement de rythme » au ministère de l’intérieur – un commentaire interprété par beaucoup comme une demande voilée de démission de Matteo Piantedosi ou de son remplacement par quelqu’un de plus loyal envers la Lega.
Selon certaines sources, Giorgia Meloni continue de soutenir Matteo Piantedosi, qu’elle considère comme une figure stabilisatrice au sein du gouvernement. Le remplacer pourrait être perçu comme une concession faite à Matteo Salvini et risquerait de déstabiliser la coalition.
De son côté, Antonio Tajani – vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et chef de Forza Italia, le troisième parti de la coalition gouvernementale – s’est publiquement rangé du côté de Matteo Piantedosi.
Lundi, il a rejeté toute idée de remaniement ministériel en déclarant : « J’ai beaucoup de respect pour le ministre Piantedosi, il fait un excellent travail ». Des commentaires qui ont été interprétés comme un signal clair que Forza Italia ne soutenait aucune tentative de modification de l’équilibre des pouvoirs au sein de la coalition.
Pour sa part, Matteo Piantedosi a répondu avec ironie, minimisant le drame politique. « Le ministre Salvini a-t-il revendiqué le ministère de l’intérieur ? Je dirai que ce week-end a été merveilleux pour moi parce qu’Avellino a gagné à Catane, et cela a complètement capté mon attention. »
Interrogé à nouveau sur son avenir – au milieu des spéculations selon lesquelles les alliés de Salvini font circuler son nom en tant que candidat dans la région de Campanie pour dégager la voie au ministère de l’Intérieur – Piantedosi a répondu : « Si jamais je quitte le ministère, le seul rôle auquel j’aspire est celui d’Avellino Calcio. C’est la seule passion que je cultive en dehors du ministère de l’Intérieur ».