Sarkozy vivement critiqué pour avoir visé la communauté Rom
Les partis de gauche, les groupes de défense des droits de l'homme et les organisations spécialisées ont critiqué une initiative anti-délinquance lancée par le président français Nicolas Sarkozy hier (28 juillet), qui vise spécifiquement la communauté Rom.
Les partis de gauche, les groupes de défense des droits de l'homme et les organisations spécialisées ont critiqué une initiative anti-délinquance lancée par le président français Nicolas Sarkozy hier (28 juillet), qui vise spécifiquement la communauté Rom.
Parmi les mesures lancées se trouvent des projets qui visent à fermer approximativement 300 camps illégaux, l’expulsion du pays de tous les Roms de Roumanie et de Bulgarie qui ont commis des infractions à l’ordre publique, un échange de policiers entre la France et la Roumanie et des contrôles par les autorités fiscales des Roms possédants des VUS coûteux.
Le mouvement a été annoncé après qu’une cinquantaine de « gens du voyage » (ainsi qu’on les appelle en France) ont mis à sac une station de police et d’autres propriétés à Saint Aignan, dans le centre de la France, la semaine passée, en acte de protestation contre la mort d’un jeune homme de 22 ans tué par balles par la police.
Le groupe français la Ligue des Droits de l'Homme a publié une déclaration condamnant vivement la stigmatisation du peuple rom. Ils critiquent également l’amalgame qui est fait entre les gens du voyage français, qui sont des citoyens français vivant dans des caravanes, et les quelques 15 000 Roms présents en France qui viennent principalement de Roumanie et de Bulgarie.
Lorsque la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l’UE en 2007, le gouvernement français a dénié à leurs citoyens l’accès au marché du travail français comme mesure transitoire, se rappellent les groupes de droits. En conséquence, la Ligue des droits de l’Homme dit que les immigrants roms issus de ces deux pays sont réduits à vivre dans des bidonvilles, comme ils sont dans l’incapacité de travailler légalement.
Les groupes de droits français ont fait appel pour que les mesures transitoires soient levées afin d’accorder aux Roms l’accès au marché du travail, et souhaitent que les autorités utilisent les mécanismes existants pour améliorer leurs conditions de vies.
Il est essentiel que le gouvernement cesse de confondre les situations, et agisse en accord avec l’origine des personnes concernées, conclut la déclaration.
Nicolas Sarkozy prend l’initiative pour une police qui est raciale de caractère, selon l’organisation Collectif des Associations Tziganes citée dans le quotidien français Le Figaro. L’ONG prévient qu’elle pourrait ouvrir une action en justice contre le président français pour incitation à la haine raciale.
Lors d’une rencontre des ministres des affaires étrangères de l’UE lundi dernier, Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat français aux affaires européennes a fait appel à une solution européenne au problème rom.
Le ministre des affaires étrangères roumain Teodor Baconschi a dit à des journalistes à Bruxelles que M. Lellouche avait démontré une attitude ferme à ce propos.
Bucarest réagit
J’ai dit (à M. Lellouche) que ces neuf millions de Roms dont on parle, qui vivent dans divers pays européens, sont des citoyens européens, que leur liberté de mouvement ne peut être limitée par des mesures légales, et encore moins par des mesures extra-judiciaires, a dit M. Baconschi.
Le ministre roumain a déclaré avoir dit à M. Lellouche que l’UE pourrait offrir de l’aide via les programmes d’inclusion, à la fois dans les pays d’origines et dans les pays de destinations.
M. Baconschi a dit que de tels programmes devraient être dotés de sommes suffisantes (…) afin d’améliorer le niveau d’éducation dans ces communautés, ainsi que les formations professionnelles (et) les logements, et, en général, améliorer leurs conditions économiques.
Vous savez bien que la Roumanie n’accepte pas que l’on étiquette n’importe quel groupe ethnique comme criminel, pas plus que leur stigmatisation. Les crimes sont commis sur une base individuelle et la loi doit être appliquée. Ce que nous pouvons améliorer, c’est la coopération entre les polices française et roumaine, a-t-il conclu.