Schengen : la Bulgarie et la Roumanie remplissent le contrat
Les eurodéputés veulent que les critères d’entrée dans l’espace européen de libre circulation soient les mêmes pour tous les États.
Les eurodéputés veulent que les critères d’entrée dans l’espace européen de libre circulation soient les mêmes pour tous les États.
Aucune raison de faire barrage à l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen. C’est la conclusion tirée par le Parlement européen réuni en plénière le 8 juin.
Adopté à une large majorité, le rapport de l’eurodéputé socialiste Carlos Coelho estime que les évaluations menées dans les deux pays sont positives dans tous les domaines passés au crible : mise en commun de données, émission des visas Schengen, contrôle des frontières aériennes, terrestres, maritimes etc.
« Il n’est pas concevable d’ajouter d’autres critères comme l’évaluation des politiques anti-corruption et anti-criminalité, importants certes mais dont l’appréciation suspicieuse est strictement politique, et introduirait un mécanisme à deux vitesses entre les différents États membres », a insisté l’eurodéputée socialiste, Sylvie Guillaume.
Recommandations
Les efforts accomplis par les deux pays ont été salués par l’eurodéputée Véronique Mathieu, qui siège au PPE. « Les dernières évaluations sont claires, tous les critères techniques sont remplis. Nous ne pouvons donc que constater cet état de fait. » L’élue émet toutefois une réserve, rappelant qu’un «certain nombre de recommandations ont été adressées».
Celles-ci prévoient par exemple que la Bulgarie « adopte une approche commune » avec la Grèce et la Turquie « afin de pouvoir faire face à l’éventualité d’une forte augmentation de la pression migratoire. » Mais ces recommandations ne font pas obstacle à la participation pleine des deux États membres à l’espace Schengen.
Criminalité
Malgré ce bilan encourageant, la partie n’est pas tout à fait gagnée. Seul le feu vert des ministres de l’Intérieur de l’UE pourra ouvrir les portes de l’espace Schengen aux deux pays. Le sujet est justement à l’ordre d’une de leur rencontre, jeudi 9 juin. Les débats s’annoncent animés car Paris et Berlin ont clairement fait savoir leurs craintes.
Le carrefour de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Grèce concentre « trois quarts des problèmes » liés à « l’immigration illégale, au trafic d’armes, aux problématiques des drogues, au trafic des enfants », a déclaré en janvier le ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez. « Si la base de données (…) de l’espace Schengen tombe dans les mains des criminels organisés internationaux, c’est toute la sécurité interne européenne qui s’efface », a-t-il prévenu.