Selon Clément Beaune, le véritable objectif de Jean-Luc Mélenchon est « d’écraser la gauche »
Clément Beaune a déclaré que l’obsession du leader de la gauche radicale française Jean-Luc Mélenchon pour la « revanche » politique a envoyé des messages incohérents concernant la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV France, Clément Beaune, le ministre délégué chargé de l’Europe auprès de la ministre des Affaires étrangères, a déclaré que l’obsession du leader de la gauche radicale française Jean-Luc Mélenchon pour la « revanche » politique a envoyé des messages incohérents concernant la guerre menée par la Russie en Ukraine, contrairement au président Emmanuel Macron, qui a été clair depuis le début sur la responsabilité de la Russie.
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Clément Beaune estime également que la véritable intention de Jean-Luc Mélenchon n’est pas de devenir Premier ministre — comme il l’affirme pourtant — lors de la prochaine élection législative, mais d’« écraser la gauche et tuer le Parti socialiste et les écologistes au profit du seul Jean-Luc Mélenchon ».
« Plusieurs opinions existaient, mais on savait qu’il y avait les troupes russes massées à la frontière ukrainienne. Début février, Jean-Luc Mélenchon affirme que “le fait de masser des troupes, c’est du pipeau”, en propageant des fake news », a déclaré le ministre.
« Et aujourd’hui, la main sur le cœur, les Insoumis déclarent qu’ils sont des frères d’Ukraine… Franchement, il faut un peu de décence dans le débat politique », a-t-il ajouté.
« […] être obsédé par la vengeance conduit à dire beaucoup de bêtises et à mettre en danger notre pays », a déclaré M. Beaune.
Au contraire, il a expliqué « parmi les soutiens du président [Emmanuel Macron], on n’a jamais été dans cette complaisance ou cette ignorance ».
« Et, dès le départ, on a toujours été très clairs dans le jugement : “la Russie est l’agresseur, la Russie est coupable”. […] Contrairement à beaucoup d’autres de la classe politique française, nous n’avons pas été frappés de russophilie, de complaisance, de poutinisme. », a-t-il poursuivi.
Clément Beaune est, pour la première fois, candidat avec l’alliance « Ensemble » de M. Macron aux élections législatives dans la 7e circonscription de Paris.
Son alliance devra faire face au nouveau regroupement de partis de gauche, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES), menée par le leader de gauche Jean-Luc Mélenchon. Les sondages indiquent que le premier tour, prévu le 12 juin, se jouera au coude à coude.
Emmanuel Macron savait que l’espoir de paix était mince
Interrogé pour savoir si la France, comme d’autres États de l’UE, avait mal évalué les intentions du président russe Vladimir Poutine avant la guerre, malgré les avertissements des États-Unis, M. Beaune a répondu qu’il ne connaît « personne qui a tout prévu dans un conflit comme celui-ci ».
« Je crois qu’on ne s’est pas trompés sur l’essentiel, c’est-à-dire la menace russe. Elle était attestée par les renseignements et a été décrite par le président français », a-t-il estimé.
« Lorsqu’il [Emmanuel Macron] va voir Vladimir Poutine début février, il le sait et alerte que l’espoir de la paix est mince, que le scénario de la guerre et de l’invasion de l’Ukraine est tout à fait plausible. »
Interrogé sur l’unité de l’Union européenne pour imposer des sanctions au vu des difficultés à adopter le sixième paquet de sanctions, il a répondu qu’il voyait « le verre à moitié plein ».
« […] dès le 24 février, jour de l’agression, on a tenu un sommet européen et on a pris les premières sanctions, que personne n’aurait imaginées quinze jours avant. »
« Le sixième paquet de sanctions a permis un embargo sur 92 % du pétrole exporté. Ce qui n’est pas rien, même si ça ne console ni les Européens ni les Ukrainiens, en particulier, qui vivent sous les bombes. », a-t-il noté.
« Les sanctions ne sont pas un bouton automatique pour stopper la Russie, mais elles entravent son effort de guerre et son avancée. C’est le plus important. »
L’unité n’est pas donnée, elle se construit
M. Beaune a souligné qu’il existe une volonté collective « d’être toujours à 27 dans l’unité ».
« Comme on est 27, comme on n’est pas un État — et on ne le sera jamais — comme on est une collectivité, l’image d’unité est parfois un peu pixellisée. »
« La norme n’a jamais été qu’on soit unis sur tout en Europe, mais l’unité n’est pas donnée, elle se construit », a-t-il conclu.
(Édité par Sarantis Michalopoulos)