Selon Hollande, la France est "obligée de poursuivre une relation exceptionnelle avec les Balkans"

Le Président de la République a donné deux conférences de presse lors de son voyage à Ljubljana, aux côtés de son homologue Borut Pahor. Au programme : relance diplomatique et économique. Extraits de l'échange avec les journalistes.

EURACTIV.fr
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Le Président de la République a donné deux conférences de presse lors de son voyage à Ljubljana, aux côtés de son homologue Borut Pahor. Au programme : relance diplomatique et économique. Extraits de l’échange avec les journalistes.

Les raisons de la venue de François Hollande

 

  • Il n’y a pas eu « de visite officielle depuis l’indépendance. Alors que la Slovénie est membre de l’UE, partie prenante de la zone euro, qu’elle est une amie de la France. J’entendais donc réparer une fâcheuse habitude qui consiste à penser qu’en Europe, il n’y aurait de relations qu’entre les grands pays.
  • La seconde raison, c’est qu’il y a deux mois à peine, le président était à Paris. Nous avions évoqué ensemble le partenariat stratégique et l’approfondissement que nous devions donner à notre relation. Nous avons convenu que c’était sur le plan économique que nous devions hausser nos échanges. »
  • « Et puis il y avait cette raison qui tenait à l’organisation de cette conférence de Brdo*. (…)
    C’est une véritable prouesse que d’être capable, après tout ce qui s’est produit, de partager un certain nombre de convictions et objectifs communs. Vous y êtes parvenus. La France se sent aujourd’hui obligée de poursuivre une relation exceptionnelle avec les Balkans, compte tenu de l’enjeu pour ces pays, pour l’Europe, pour la stabilité et la sécurité. »

L’intégration européenne

« Je suis venu réaffirmer la perspective européenne des Balkans. Certes il y a des conditions, pour que des pays candidats ou admis dans la négociation puissent voir le processus aboutir. La première de ces conditions, c’est de mettre en œuvre des réformes économiques, politiques, institutionnelles, qui portent sur l’Etat de droit. »

« La seconde condition, c’est la réconciliation, la coopération régionale. Si les contentieux ne sont pas réglés, si la stabilité n’est pas trouvée, il ne peut pas y avoir d’intégration dans l’Europe. L’Europe ne peut pas se substituer aux Etats pour les choix qui les concernent d’abord. »

« Construire l’Europe sans les Balkans, c’est occulter ce qu’a été la réalité de l’Europe, notamment dans sa phase tragique. Je rappelais que nous allions célébrer l’année prochaine le centenaire de la première guerre mondiale qui a été déclenchée dans les Balkans, à Sarajevo. La dernière guerre qui se soit produite sur le sol européen, c’est également dans les Balkans. Il n’y aura d’Europe de la paix que si nous sommes capables de faire en sorte que les Balkans soient parties prenantes de l’Europe. »

Les projets économiques envisagés

La Slovénie a engagé un vaste programme de privatisation. C’est son « choix ». 

« Dès lors qu’il y a une opportunité pour les entreprises françaises de présenter des offres, j’ai considéré que la France devait soutenir ce processus. La liste des entreprises m’a été communiquée, le Medef a été saisi de ces possibilités d’investissements en Slovénie.

Cela couvre des secteurs très différents, de l’agroalimentaire, aux transports aériens en passant par la banque et les télécoms. Il y a un savoir-faire français, une technologie française, des capitaux qui peuvent s’investir ici. 

Notre idée est plutôt de faire des alliances, d’être un partenaire, en aucun cas de contrôler un secteur de l’économie slovène. »

Le président Borut Pahor s’en est fait l’écho, appelant la France à être « un investisseur modèle sur le sol slovène ».

 

 

*Le processus de Brdo permet aux dirigeants des 8 pays des Balkans occidentaux de se retrouver pour améliorer leur coopération et régler leurs conflits. A l’initiative du président slovène, François Hollande a été invité à se joindre aux discussions le 25 juillet.