Le sort du Parlement européen à Strasbourg de nouveau en suspens

L'idée de transférer à Strasbourg l'Agence européenne des médicaments (EMA) et d'affecter les députés européens uniquement à Bruxelles fait son chemin .

EURACTIV.fr avec Reuters
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L’idée de transférer à Strasbourg l’Agence européenne des médicaments (EMA) et d’affecter les députés européens uniquement à Bruxelles fait son chemin .

Les députés mènent de discrètes consultations sur un tel échange, qui, espèrent-ils, permettrait de surmonter l’hostilité de Strasbourg à la perspective de perdre le parlement, selon l’un de ces responsables. La victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle en France pourrait contribuer à ce qu’un tel projet se concrétise.

Actuellement, les députés européens se réunissent une semaine par mois à Strasbourg, et à Bruxelles le reste du temps. Cette transhumance mensuelle a un coût important pour l’UE, de l’ordre de 114 millions d’euros par an, selon des contrôleurs de gestion de l’Union.

Les opposants au dispositif actuel réclament de longue date qu’il soit abrogé, mais il reste en place pour l’heure, en grande partie parce que la France s’opposerait à toute tentative d’amender en conséquence le traité de l’UE.

La décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne est cependant de nature à changer la donne. Des élus de plusieurs groupes au Parlement européen en sont venus à soutenir l’idée d’un échange de bons procédés, selon un responsable parlementaire.

Milan et Vienne favorites

En avril, un texte appelant à saisir « l’excellente occasion » du transfert d’agences européennes dû au Brexit pour faire de Bruxelles l’unique siège du parlement européen a été approuvé par les trois quarts des députés européens.

L’Agence européenne des médicaments, l’un des plus importants organismes de l’UE, devra quitter Londres après le Brexit. Londres héberge également l’Autorité bancaire européenne (ABE), et Francfort fait figure de ville favorite pour prendre la relève, aux dépens de Paris, Dublin, Amsterdam et autres candidates.

Le président sortant François Hollande a choisi la ville de Lille comme candidate française pour accueillir l’EMA. Emmanuel Macron aurait à revenir sur ce choix, décision potentiellement risqué alors que la France s’achemine vers les législatives du mois de juin.

Sylvie Goulard, députée européenne qui soutient Emmanuel Macron, a déjà défendu l’idée d’affecter le Parlement européen en permanence à Bruxelles à condition que Strasbourg obtienne d’héberger le siège d’une autre institution européenne. Elle n’a pas souhaité répondre à Reuters à propos de l’hypothèse d’un échange avec l’EMA.

Il faudrait pour cela que les autres pays de l’UE approuvent un transfert de l’EMA en France, renonçant de la sorte à leurs ambitions en la matière. Or, une quarantaine de villes européennes, de presque la totalité des 27 membres restants de l’UE, ont fait acte de candidature pour l’EMA, avec Milan et Vienne comme favorites.