Suède : le nouveau gouvernement met fin à sa politique étrangère « féministe »
Le nouveau ministre des Affaires étrangères suédois Tobias Billström a déclaré mardi qu’il avait l’intention de mettre fin à la politique étrangère « féministe » de la Suède dès l’entrée en fonction du nouveau gouvernement.
Le nouveau ministre des Affaires étrangères suédois Tobias Billström a déclaré mardi (18 octobre) qu’il souhaitait mettre fin à la politique étrangère « féministe » de la Suède dès l’entrée en fonction du nouveau gouvernement.
Le nouveau Premier ministre suédois Ulf Kristersson a présenté mardi son nouveau gouvernement, composé de ministres choisis parmi les trois partis de sa coalition : les Modérés (13 ministres), les Chrétiens-démocrates (6) et les Libéraux (5). La cheffe de file des chrétiens-démocrates, Ebba Busch, est ainsi devenue ministre de l’Énergie et de l’Alimentation et le leader des libéraux, Johan Pehrson, est devenu ministre du Marché du travail et de l’Intégration.
« Le changement était nécessaire, le changement est maintenant possible », a déclaré Ulf Kristersson dans son discours de présentation devant le Riksdag suédois, ajoutant que « cette coopération jette les bases d’une résolution à long terme des grands problèmes sociaux de la Suède ».
Après la présentation du nouveau gouvernement, le ministre des Affaires étrangères nouvellement nommé, Tobias Billström, a déclaré dans une interview au quotidien Aftonbladet qu’il y mettra fin à « la politique étrangère féministe de la Suède » lorsque le nouveau gouvernement prendra ses fonctions.
« Nous ne poursuivrons pas une politique étrangère féministe. Cette étiquette n’a pas servi à grand-chose. Elle a masqué le fait que la politique étrangère suédoise doit être fondée sur les intérêts et les valeurs de la Suède », a-t-il déclaré.
Sous le précédent gouvernement social-démocrate, au pouvoir depuis 2008, la Suède a adopté une « politique étrangère féministe », définie comme une politique promouvant l’égalité entre les femmes et les hommes comme un objectif fondamental de la politique étrangère suédoise.
Cette politique englobait le respect des droits humains fondamentaux des femmes et des jeunes filles, à la fois comme une obligation dans le cadre des engagements internationaux et comme une condition préalable à la réalisation des objectifs plus larges de la politique étrangère suédoise en matière de paix, de sécurité et de développement durable.
Mais pour M. Billström, le nouveau gouvernement doit relever d’autres défis majeurs en matière de politique étrangère.
« La tâche la plus imposante et la plus importante est celle que le Premier ministre a énoncée dans la déclaration du gouvernement. Faire en sorte que l’adhésion à l’OTAN soit un succès et que nous puissions remplir les parties de l’accord tripartite entre la Turquie, la Finlande et la Suède pour que nous puissions devenir membres et améliorer notre situation en matière de sécurité », a-t-il déclaré à SVT Nyheter.
M. Billström a souligné que le dialogue avec Ankara ne changera pas sous le nouveau gouvernement.
« Il est important que nous maintenions un dialogue positif dans ce domaine, vous ne remarquerez aucune différence par rapport au gouvernement sortant. Cette question a reçu un large soutien au sein du Parlement. La politique dans ce domaine est fixée », a-t-il déclaré à la SVT.
La Turquie a présenté une liste d’exigences afin d’approuver la demande d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. Parmi celles-ci figure la demande que la Suède recommence à exporter des armes vers la Turquie et que Stockholm rompe tous les liens avec la milice YPG — qu’Ankara considère comme une organisation terroriste — et extrade certains réfugiés politiques kurdes accusés de terrorisme par Ankara.