Sur l’Europe, Martine Aubry en reste aux généralités

Lors de l’Université d’été du PS, la candidate à la primaire socialiste est revenue sur des thèmes bien connus comme les eurobonds et le gouvernement économique européen, évitant ainsi de rentrer dans le détail de son projet.

EURACTIV.fr
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Lors de l’Université d’été du PS, la candidate à la primaire socialiste est revenue sur des thèmes bien connus comme les eurobonds et le gouvernement économique européen, évitant ainsi de rentrer dans le détail de son projet.

Placer l’Europe dans un discours est un exercice redoutable, où le fond et la technique vont souvent de pair. Lors d’un débat organisé à l’Université d’été de la Rochelle, Martine Aubry a préféré se concentrer sur des généralités plutôt que de donner forme au contenu de son programme.

Dans le traitement de la crise de la dette, « l’Europe est arrivée trop tard, timidement et à contretemps. », estime la candidate. Un résultat qu’elle impute au tandem de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. La candidate à la primaire socialiste s’est dit « très choquée » par l’attitude des deux dirigeants lors du dernier sommet franco-allemand, qu’elle voit comme un marché de dupes.

Selon Martine Aubry, la chancelière allemande a alors « fait semblant » de reconnaître que la règle d’or française avait un sens, pendant que le président français a soigneusement évité de lui parler des eurobonds.

Pompiers vs architectes

En l’absence de solution pérenne pour endiguer la crise de la dette, les dirigeants européens sont à chaque fois condamnés à agir dans l’urgence. « Il n’y a que des pompiers à la tête de l’Europe », a-t-elle lancé. Les socialistes, eux, veulent devenir les « architectes » de l’Union. Les bases qu’elle jette tournent en boucle dans les rangs de la gauche ces derniers mois  : eurobonds, harmonisation fiscale et sociale au sein de l’UE et gouvernement économique.

Sans donner plus de détails sur le rôle tangible que ce dernier serait appelé à jouer, la candidate socialiste s’en est vivement prise à Herman Van Rompuy, qui est invité à prendre la tête de la nouvelle instance. « S’il avait des idées, ça se saurait ! », a-t-elle lâché, insistant sur son effacement notoire pendant la crise.

Pour relancer l’Europe, la maire de Lille compte sur ses partenaires d’Outre-Rhin. « On nous dit que l’Allemagne ne veut rien faire », mais la mise en commun d’idées menées depuis quelque temps avec le SPD lui aurait prouvé le contraire.

« Slogan creux »

Son enthousiasme a quelque peu été douché par l’ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, Hubert Védrine qui s’exprimait juste après elle.

Réveiller le couple franco-allemand est peut-être une idée séduisante, mais elle sonne avant tout comme « un slogan creux », a-t-il prévenu. « On peut appuyer sur le bouton, ça ne produit pas d’effet ». La seule issue, selon lui, est d’engager une « discussion franche » avec l’Allemagne, sans compter sur le seul SPD, dont rien n’assure qu’il soit au pouvoir en 2013, a-t-il observé.

Tordant volontiers le cou à des idées éculées mais parfois erronées, l’ancien ministre est revenu sur le « plus d’Europe », une formule que les dirigeants de droite comme de gauche reprennent à l’envi. « Il y a des cas où ce n’est pas vrai », a-t-il fait remarquer, citant notamment les activités de « proximité » comme les sapeurs-pompiers, dont l’organisation pourrait être chamboulée par la révision de la directive sur le temps de travail. Une inquiétude abondamment commentée dans la presse locale. Or, ce genre d’intrusion peut être « urticante même chez les gens qui ne sont pas anti-européens. »

Une vision très concrète de l’Europe qui tranche avec les concepts globaux égrainés par la fille de Jacques Delors.