Tensions croissantes sur les risques de contagion dans la zone euro
L’absence d’accord à l’issue de la réunion des ministres des Finances des pays de l’eurozone a aggravé le climat d’incertitude.
L’absence d’accord à l’issue de la réunion des ministres des Finances des pays de l’eurozone a aggravé le climat d’incertitude.
« Je crois qu’il faut que chacun garde son sang froid. » Cet appel au calme lancé ce matin sur Europe 1 par Michel Barnier ne résiste pas aux profondes incertitudes qui minent la zone euro. « La situation est sérieuse, elle est grave, il y a une très grande fragilité des marchés. Pour autant, les Européens réagissent », a ajouté le commissaire européen en charge du Marché intérieur.
Ils réagissent, mais sûrement pas assez pour que le risque de contagion soit écarté. Les discussions qui se sont tenues le 11 juillet au sein de l’Eurogroupe ont accru la confusion qui règne autour des solutions à privilégier pour le deuxième plan d’aides à la Grèce.
Dans la balance figurent toujours deux scénarios. La proposition française, fondée sur un renouvellement automatique, par les investisseurs privés, des souscriptions aux obligations grecques arrivées à échéance.
A cette solution s’oppose la voie d’action allemande, soutenue par les pays d’Europe du Nord, qui consisterait à allonger la maturité des créances. Tour à tour écartée à cause des risques de « défaut sélectif » qu’elle génère, puis retenue, cette option fait de nouveau débat.
L’Italie attendue au tournant
Conséquence, les discussions se prolongent et les ministres des Finances de la zone euro sont appelés à se retrouver d’ici la fin du mois pour arrêter leur décision.
Dans le même temps, l’Italie devra prendre des engagements clairs pour épurer sa dette. Rome « doit envoyer un signal important qui est l’adoption d’un budget répondant à des exigences d’économies », a insisté la chancelière allemande Angela Merkel. Elle n’a pas hésité à appeler le président du Conseil Silvio Berlusconi ce week-end pour lui rappeler ses obligations. Le pays cumule les faiblesses : sa dette caracole à 120% du PIB, soit le ratio le plus élevé de la zone euro, et sa croissance atteint péniblement 0,1% au premier trimestre 2011, contre 0,8% en moyenne dans la zone euro.
Ce climat pèse inévitablement sur les marchés. Mardi matin, la Bourse de Paris a ouvert en nette baisse, avec un recul de 1,74 % selon l’AFP. Les autres places européennes ont également chuté (-1,10% à Londres, -1,55% à Francfort 1,55 %, – 4% à Milan et -2% à Madrid).