Thierry Repentin devient ministre des Affaires européennes

L'ancien ministre de la formation professionnelle rêvait du poste de Cécile Duflot au logement, sa spécialité. Bernard Cazeneuve remplace Jérôme Cahuzac, démissionnaire, au ministère du Budget.

EURACTIV.fr
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L’ancien ministre de la formation professionnelle rêvait du poste de Cécile Duflot au logement, sa spécialité. Bernard Cazeneuve remplace Jérôme Cahuzac, démissionnaire, au ministère du Budget.

Onzième titulaire du poste en 11 ans, Thierry Repentin, remplace Bernard Cazeneuve au ministère des Affaires européennes en pleine crise chypriote.

Ce dernier a rejoint Bercy pour occuper le fauteuil de ministre du Budget, mardi 19 mars, à peine plus de dix mois après son arrivée au Quai d’Orsay, et malgré ses promesses répétées d’y rester 5 ans. 

Ce remaniement ministériel intervient à la suite de la démission de Jérôme Cahuzac du gouvernement, après l’ouverture, le même jour, d’une information judiciaire contre X, notamment pour blanchiment de fraude fiscale. 

Une enquête de police ouverte en janvier visait jusque-là à déterminer si Jérôme Cahuzac avait ou non détenu un compte bancaire en Suisse afin de dissimuler des revenus au fisc.

Il « rêve du logement »

Thierry Repentin est un proche historique de François Hollande. Son arrivée au Quai d’Orsay étonne pourtant. La marotte de Thierry Repentin n’est pas du tout l’Europe, mais le logement, dont il est le spécialiste reconnu au Parti socialiste.

« Son rêve est d’être ministre du Logement. Il espérait remplacer Cécile Duflot si elle était élue maire de Paris », raconte un proche. 

Son parcours européen est simplement marqué par une étape à la direction générale de la politique régionale de la Commission européenne puis au Parlement au début des années 1980. 

Il est alors assistant parlementaire de Jean-Pierre Cot, ancien ministre délégué chargé de la coopération de François Mitterand qui a par la suite dirigé le groupe socialiste au Parlement européen. 

Homme de dossier

Homme de dossier, Thierry Repentin arrive dans un ministère au profil hybride. Responsable auprès du public français du « service après vente » des décisions prises à Bruxelles, le ministre des Affaires européennes n’est pas en charge d’un dossier spécifique.

Mais, il remplace souvent ses collègues du gouvernement lors des réunions du Conseil de l’Union européenne et doit  maitriser des dossiers souvent très techniques. 

Directeur de cabinet du maire de Chambéry Louis Besson entre 1989 et 1995, Thierry Repentin le suit au ministère du logement dans le gouvernement de Michel Rocard. Elu sénateur en 2004, il est alors benjamin de la Haute assemblée où il reste jusqu’en 2012. 

Conseiller général du canton de Chambéry nord, membre du groupe « Montagne », il occupe la présidence de l’Union sociale pour l’habitat – organisme qui regroupe l’ensemble du mouvement HLM – de 2008 à 2012.

Responsable du logement dans la campagne de Ségolène Royale en 2007, il est en charge du pôle ville et habitat dans l’équipe de préparation à la présidentielle de François Hollande. 

Consensus

Furieux de n’avoir pas été retenu au gouvernement après le 6 mai, il est rattrapé lors du premier remaniement à l’issue des élections législatives et nommé ministre de la formation professionnelle.

Défenseur des emplois d’avenir, il négocie aussi l’octroi aux régions de la gestion du fonds social européen dédié à la formation professionnelle dans le projet de loi de décentralisation et se fait repérer par Jean-Marc Ayrault pour sa très bonne maîtrise du dossier. 

« Il sait très bien où il veut aller, mais il est très à l’écoute et fonctionne dans le consensus et le dialogue », note un ancien collaborateur. Une qualité pour un ministre des Affaires européennes, en attendant un prochain poste en 2014 ?