Transit du gaz : Volodymyr Zelensky répond à la lettre ouverte de Robert Fico et l’invite à Kiev

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi à l’invitation du Premier ministre slovaque Robert Fico à venir en Slovaquie pour évoquer le transit du gaz, en invitant ce dernier à se rendre en Ukraine à la place.

EURACTIV Slovaquie
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Depuis des semaines, le gouvernement slovaque est à couteaux tirés avec l’Ukraine, qui a annulé un contrat visant à faciliter l’acheminement du gaz de la Russie vers l’UE. Kiev a agi de la sorte pour priver Moscou de revenus pendant la durée de la guerre. [Nicolas Economou/NurPhoto via Getty Images]

BRATISLAVA — Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi à l’invitation du Premier ministre slovaque Robert Fico à venir en Slovaquie pour évoquer le transit du gaz, en invitant ce dernier à se rendre en Ukraine à la place.

Lundi, Robert Fico a adressé une lettre ouverte au président ukrainien pour l’inviter à des négociations conjointes près de la frontière slovaco-ukrainienne afin de discuter de la coupure du transit gazier et des relations bilatérales.

Dans cette lettre, le Premier ministre slovaque affirme que l’arrêt du transit du gaz russe cause « d’énormes dommages » à l’Ukraine, à la Slovaquie et à l’Union européenne (UE) et précise qu’il n’est « pas le seul à défendre cette position en Europe ».

Il a également réitéré son appel à une fin immédiate de la guerre et à l’ouverture de pourparlers de paix, ajoutant qu’il ne « croit pas que la prolongation de l’effusion mutuelle de sang dans la guerre renforcera la position de l’Ukraine dans d’éventuelles négociations de paix ».

Robert Fico a noté les résultats positifs des précédents entretiens avec le Premier ministre ukrainien Denys Chmyhal et a invité Volodymyr Zelensky à le rencontrer « dès que possible », en tenant compte des exigences de son programme sur le territoire slovaque, la frontière commune.

La réponse du président ukrainien à la lettre de Robert Fico a été brève. « OK. Venez à Kiev vendredi », a-t-il écrit sur X.

Robert Fico a acquis la réputation de soutenir des récits pro-russes. En décembre, il a effectué un voyage inattendu à Moscou, et en octobre, il est devenu le premier dirigeant de l’UE et de l’OTAN à apparaître dans l’émission de propagande « 60 Minutes » de la présentatrice russe Olga Skabeyeva depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Il ne s’est pas rendu à Kiev depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Des discussions conjointes entre les gouvernements slovaque et ukrainien ont eu lieu près des villes d’Oujhorod ou de Michalovce, à proximité de leur frontière commune.

En janvier, Robert Fico a contesté l’existence d’une guerre à Kiev et a déclaré que les habitants vivaient une vie normale.

Depuis des semaines, le gouvernement slovaque est à couteaux tirés avec l’Ukraine, qui a annulé un contrat visant à faciliter l’acheminement du gaz de la Russie vers l’UE. Kiev a agi de la sorte pour priver Moscou de revenus pendant la durée de la guerre.

Robert Fico a tenté de persuader l’Ukraine de prolonger le contrat, arguant que la fin du transit du gaz russe par l’Ukraine signifiait que la Slovaquie perdait ses propres revenus de transit et devait payer plus cher pour faire venir du gaz d’ailleurs.

Après le refus de l’Ukraine de poursuivre le transit, le Premier ministre slovaque a menacé d’arrêter « réciproquement » les exportations d’électricité slovaque vers l’Ukraine ou de mettre fin à l’aide aux réfugiés de guerre ukrainiens en Slovaquie.

Volodymyr Zelensky a noté qu’il semblait que « [Vladimir] Poutine avait ordonné à [Robert] Fico d’ouvrir un deuxième front énergétique contre l’Ukraine ».