Turquie : la menace du veto français pour l’instant écartée

Malgré son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’UE, le président français Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il ne bloquerait pas les négociations d’adhésion en cours avant le Sommet de juin, le "véritable rendez-vous" ayant lieu en décembre.

Malgré son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’UE, le président français Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il ne bloquerait pas les négociations d’adhésion en cours avant le Sommet de juin, le « véritable rendez-vous » ayant lieu en décembre.

En bref  :

A l’issue de son entretien avec le Premier ministre italien Romano Prodi le 28 mai, le président français a déclaré qu’il concentrerait ses efforts sur la mise en œuvre d’un nouveau « traité simplifié » et sur le blocage institutionnel plutôt que sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE. Nicolas Sarkozy a ainsi suggéré qu’il n’opposerait pas son veto à la poursuite des négociations au mois de juin. « Ma priorité, comme celle du président Prodi, sont la réussite de la présidence allemande et du Conseil européen des 21 et 22 juin » a-t-il déclaré. « Le véritable rendez-vous [avec la Turquie] est [le Sommet européen de] décembre 2007 », lorsque les dirigeants de l’UE discuteront de la poursuite de l’élargissement de l’UE.

La Turquie espère ouvrir les négociations d’adhésion, avant la fin du mois de juin 2007, dans trois domaines supplémentaires  : les statistiques, le contrôle financier et la politique économique et monétaire. 

Jusqu’à maintenant, deux chapitres de négociation, (science et recherche et politique industrielle) ont été ouverts. Le rythme des négociations s’est néanmoins ralenti depuis que l’UE a décidé de les suspendre dans huit des 35 domaines prévus, en raison du manque de progression sur la question chypriote. 

« Le nouveau président français fait preuve d’une attitude responsable. Il est préférable de continuer le processus de négociation avec la Turquie » a déclaré au quotidien le Figaro le commissaire à l’élargissement, Olli Rehn.  

Paris souhaiterait soulever la question turque dans le cadre d’un débat plus vaste sur les frontières externes de l’Union lors du Sommet européen du mois de décembre 2007. Nicolas Sarkozy souhaiterait mettre en place un groupe de travail chargé de délimiter les frontières de l’Union et de réfléchir à sa politique de voisinage. « La question des frontières de l’UE doit être posée un jour. Cette question va au-delà de la Turquie car elle concerne aussi des pays comme l’Ukraine », a expliqué le président français.

Nicolas Sarkozy n’a cependant pas écarté l’idée de proposer à la Turquie un « partenariat privilégié » à la place d’une adhésion à l’UE. L’idée de créer une « Union méditerranéenne » comprenant la France, la Turquie, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, Malte, Chypre, la Grèce et certains autres pays nord-africains a de plus été récemment exposée par la France. Cette perspective a l’opposition du gouvernement d’Ankara.