Une maison médicale pour lutter contre la désertification
EURACTIV présente tous les mois un projet financé en partie par des fonds européens. En février, la rédaction française est allée en Picardie où la commune de Chézy-sur-Marne a construit un bâtiment incluant, entre autres, une maison médicale co-financée par le Feder.
EURACTIV présente tous les mois un projet financé en partie par des fonds européens. En février, la rédaction française est allée en Picardie où la commune de Chézy-sur-Marne a construit un bâtiment incluant, entre autres, une maison médicale co-financée par le Feder.
C’est un bâtiment flambant neuf qui s’étend sur trois niveaux. Si quelques ouvriers s’affairent encore dans cette maison de 1000 m2, deux années de chantier s’achèvent. En ce lundi après-midi de février, le maire (sans étiquette) de Chézy-sur-Marne, Jean-Claude Bereaux, se tient devant ce nouveau bâtiment, sur lequel est apposé un autocollant du drapeau européen.
Pour son projet, le maire s’est vu allouer 40 115 euros par le fonds européen de développement régional (Feder). Une enveloppe dérisoire comparée à celle de trois millions d’euros qui a été nécessaire pour mener à bien le chantier. En tout, les différentes subventions, aussi bien départementales que régionales, nationales ou européennes, couvrent 60% du coût du bâtiment.
Le dépôt du dossier auprès de la région Picardie, qui gère une partie des fonds européens, remonte à début 2008. «J’ai eu les fonds européens pour financer le maintien du pôle médical, qui a mobilisé un cinquième du coût total du projet.» Soit 600 000 euros.
« C’est bien, mais c’est rien »
En Picardie, la densité médicale est plus basse que la moyenne nationale. Et le nombre de médecins dans la région de Chézy-sur-Marne est elle aussi inférieure à la moyenne régionale. «En 2001, quand je suis arrivé, j’ai fait une étude pour savoir comment redynamiser le village», explique-t-il. «Pour moi, les médecins étaient une nécessité vitale. Sans ce nouveau bâtiment, ils auraient pu partir», poursuit-il, en affirmant que le bâtiment maintiendra neuf emplois dans le village.
Mais les fonds européens versés à cette commune picarde ont aussi pour objectif de lutter contre la désertification. Si la population du village se maintient d’année en année, elle a cessé de croître. Quant aux acheteurs de résidences secondaires, ils vont désormais plus loin qu’auparavant pour passer leurs week-ends et leurs vacances.
Reste que les fonds européens ne sont pas particulièrement accessibles. «Pourquoi je touche du Feder? Parce que j’ai été le chercher. Personne n’est venu me le proposer!», lance-t-il.
Conseil municipal
Le maire de Chézy-sur-Marne évoque le travail nécessaire pour remplir un dossier. «Au moins trois jours de boulot», affirme-t-il, en énonçant toutes les pièces nécessaires à un tel dossier : devis, plan, photographies, assemblages, lettres de motivation. Et puis chaque demande de subvention passe par une délibération du conseil municipal, qui doit valider la requête. La logique est la même pour toutes les demandes, quelle que soit l’origine des subventions. En moyenne, celles-ci peuvent mettre jusqu’à un an à être validées. Pour le Feder, la procédure a duré sept mois.
Même s’il juge ces contraintes lourdes, le maire de Chézy ne les trouve pas abusives : «Quand on demande de l’argent public, il est normal de justifier sa demande», dit-il. Reste qu’à ce jour, le maire est dans une situation délicate. «Je suis au moment où j’ai payé les entreprises qui ont constuit le bâtiment, mais où je n’ai pas encore reçu le remboursement de mes dépenses.»
Car pour la très grande majorité des subventions, les crédits du Feder sont versés une fois que la facture a été effectivement aquittée par le demandeur. Les remboursements devraient arriver sur le compte en banque de la municipalité «courant 2010», espère le maire.

