Une redevance européenne assurerait une télévision de qualité, selon le PDG d'Euronews

Une redevance européenne pourrait aider les diffuseurs à maintenir un service d’information indépendant et de qualité. C’est ce qu’a affirmé Philippe Cayla, à la tête d’Euronews, lors d’un entretien avec EURACTIV.

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Une redevance européenne pourrait aider les diffuseurs à maintenir un service d’information indépendant et de qualité. C’est ce qu’a affirmé Philippe Cayla, à la tête d’Euronews, lors d’un entretien avec EURACTIV.

En proie à la crise économique et au développement des médias sociaux, les sociétés de médias cherchent de nouveaux modèles d’activité, mais souhaiteraient également recevoir un soutien public pour s'en sortir tout en continuant à fournir un journalisme de qualité.

Philippe Cayla, d'Euronews, pense que dans un monde « parfait », les sociétés de médias seraient financées de manière indépendante, mais il reconnaît la valeur des aides publiques en ces temps difficiles.

« Le problème du soutien public a été bien résolu dans les grands pays comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne, un peu la France et l'Italie », a-t-il expliqué, faisant référence à une redevance.

Le PDG d'Euronews a argué qu'une telle redevance devrait être gérée et redistribuée à certains médias par des organisations indépendantes plutôt que par les gouvernements. Toutefois, même s'il estime que c'est une possibilité qui doit être envisagée, M. Cayla admet qu'il ne s'agit pas encore d'un projet à l'échelle de l'UE.

« Malheureusement, la redevance européenne, je ne la vois pas venir de sitôt », a-t-il dit. « Aujourd'hui, on est dans l'industrie privée, les médias sont privés, et doivent se financer par la publicité ou l'abonnement », a-t-il ajouté.

Selon lui, le plus grand défi pour une chaîne télévisée comme Euronews est sans doute la transition vers l'Internet. « Il faut une politique de marque », affirme-t-il . Dans un monde aussi concurrentiel, comprenant des milliers d'autres chaînes, il souhaite que les téléspectateurs se disent « je vais regarder Euronews » et non pas telle ou telle autre chaîne.

Euronews a été lancé il y a 20 ans avec pour objectif de rivaliser avec la chaîne télévisée américaine CNN. Depuis, la chaîne européenne a ouvert des services dans dix langues différentes, dont le turc et l'arabe.

Aujourd'hui, elle est suivie par six millions de téléspectateurs chaque jour et son contenu peut être compris par 50 % de la population mondiale, soit environ trois milliards de personnes, estime M. Cayla. Mais Euronews a l'ambition d'être regardée par la moitié de la population mondiale.

Malgré sa priorité stratégique pour le développement de langues non européennes sur la chaîne, M. Cayla précise qu'Euronews n'a pas l'intention de devenir un instrument de soft power mais qu'elle est parfois perçue comme telle, comme la « voix officielle de l'Europe ».

M. Cayla est conscient du fait que l'Europe doit en faire davantage en termes de communication. Pour le moment, Euronews n'atteint qu'une certaine élite ayant un intérêt prononcé pour les affaires européennes.

« Mon idée, c'est que les pays de l'Union européenne prennent conscience qu'Euronews est un élément essentiel d'intégration et qu'il faut consacrer une partie de leurs ressources à Euronews », a-t-il insisté.

Actuellement, certains actionnaires de la chaîne reprennent des émissions d'Euronews, mais idéalement, il faudrait qu'elle soit disponible en TNT gratuitement, a-t-il expliqué.

Selon lui, cela coûterait 50 millions d'euros par an. « C'est à la fois cher et pas cher. C'est cher en absolu, mais ce n'est pas cher si vous pensez que pour ce prix-là, vous avez une chaîne multilingue disponible dans toute l'Europe gratuitement », a-t-il affirmé.

Euronews est financée en partie par des chaînes nationales, ses principaux actionnaires, et par la Commission européenne sous la forme de subventions, pour fournir une couverture sur les affaires européenne avec une perspective propre à l'UE. Seuls 25 % des financements d'Euronews proviennent de la Commission européenne, a déclaré M. Cayla, soulignant que cela lui permettait de conserver son indépendance.

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