Une rencontre France - Italie pour travailler « plus et mieux ensemble »

De passage à Paris mardi (20 juin), la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a rencontré le président français, Emmanuel Macron. Les deux dirigeants ont voulu souligner les points de convergence, malgré les « controverses » qui ont pu exister entre leurs gouvernements.

Euractiv France
epa10702054 French President Emmanuel Macron (R) welcomes Italian Prime Minister Giorgia Meloni (L) at the Elysee palace in Paris, France, 20 June 2023. Giorgia Meloni is on an official visit to France.  EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Recevant la Première ministre italienne, Emmanuel Macron a tout de même évoqué « ce rapport si unique qui existe entre l’Italie et la France », une « amitié […] qui permet de faire vivre les controverses mais dans un cadre toujours respectueux ». [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

De passage à Paris mardi (20 juin), la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a rencontré le président français, Emmanuel Macron. Les deux dirigeants ont voulu souligner leurs points de convergence, malgré les « controverses » qui ont pu exister entre leurs gouvernements.

« À partir du dialogue d’aujourd’hui, nous allons pouvoir travailler encore plus et encore mieux ensemble », a déclaré la Première ministre italienne lors d’une déclaration conjointe à la presse, avant la rencontre en tête à tête avec le président français. M. Macron a qualifié ce dialogue de « franc, ambitieux et exigeant ».

Après des mois de discordes, les deux dirigeants se rencontrent à nouveau dans le cadre d’une réunion de travail, en marge d’un déplacement à Paris de Giorgia Meloni pour défendre la candidature de Rome pour l’Exposition universelle de 2030.

Les deux chefs d’État et de gouvernement ont cherché à montrer les points de convergence entre les deux pays et leurs intérêts communs. Le chef d’État français a même évoqué « ce rapport si unique qui existe entre l’Italie et la France », une « amitié […] qui permet de faire vivre les controverses mais dans un cadre toujours respectueux ».

Immigration

En matière d’immigration, le sujet le plus tendu entre les deux pays, M. Macron a indiqué que « la coordination et le travail entre nos deux pays doit se poursuivre » afin d’« être en mesure d’organiser plus efficacement l’asile et l’immigration en Europe ».

Pendant leur entretien, les deux dirigeants ont évoqué la nécessité de « partager les responsabilités, en sécurisant les frontières et en faisant preuve de solidarité à l’intérieur de l’UE ». Des principes qui doivent s’appliquer aux 27 États membres, précise la présidence française.

La cheffe du gouvernement italien a en particulier plaidé pour un dialogue avec les pays nord-africains afin d’offrir des « alternatives pour favoriser une migration légale et démanteler les réseaux de trafiquants [les passeurs] ».

Quant à la Tunisie, où « la situation risque de dégénérer », déclare la Première ministre italienne, la France et l’Italie ont une « vision partagée » sur la stabilisation du pays dans l’attente de la réponse européenne et internationale – du FMI notamment.

Le pays du Maghreb traverse en effet une crise financière qui fait craindre des troubles à l’ordre public pouvant entraîner une aggravation de la situation migratoire.

Sur ces sujets, Giorgia Meloni a mis en exergue le « besoin » pour la France et l’Italie de dialoguer, avant d’insister sur les chantiers dans lesquels les deux pays partagent une vision commune.

Ukraine et industrie

Les dirigeants français et italien ont ainsi affirmé la nécessité de poursuivre le soutien « économique, humanitaire et militaire » à l’Ukraine. Ils ont d’ailleurs loué « l’excellente coopération » en matière de défense, en annonçant notamment que le système de défense sol-air SAMP/T – de conception franco-italienne – était désormais « déployé et opérationnel » sur le terrain.

Outre l’Ukraine et les questions de défense, la Première ministre italienne a cité la nécessité de réindustrialiser le continent européen.

L’UE doit aussi faire face à une « double transition digitale et climatique » pour atteindre une « pleine autonomie stratégique ». Cependant, pour être réussi, ce processus « ne peut ignorer la soutenabilité sociale et économique », a avancé Mme Meloni.

« Créer des convergences »

Après la rencontre, l’Élysée a indiqué que la discussion entre les deux dirigeants « a permis de créer des convergences sur des sujets d’intérêt commun ». Entre autres sujets, M. Macron et Mme Meloni sont d’accord pour soutenir « une gouvernance économique rénovée » et le fonds souverain proposé par Ursula von der Leyen mardi.

En ce qui concerne l’énergie, M. Macron et Mme Meloni ont réaffirmé la nécessité d’une « approche neutre », à savoir que « l’énergie soit décarbonée » indépendamment de son origine, nucléaire ou non, a précisé l’Élysée.

In fine, l’Élysée considère que les échanges ont permis « de faire preuve d’ambitions communes », d’une manière « très pragmatique, dans un contexte difficile ».

[Edité par Théophane Hartmann]