Une responsable géorgienne estime que la Russie ne respecte pas ses engagements
Alors que la Russie et le Troïka de l’UE se rencontrent, mercredi 11 février, pour évoquer notamment le dossier géorgien, la Présidente du Conseil National de Sécurité Géorgien, Ekaterine Tkeshelashvili, en visite à Paris ne mâche pas ses mots sur l’attitude des Russes dans ce conflit.
Alors que la Russie et le Troïka de l’UE se rencontrent, mercredi 11 février, pour évoquer notamment le dossier géorgien, la Présidente du Conseil National de Sécurité Géorgien, Ekaterine Tkeshelashvili, en visite à Paris ne mâche pas ses mots sur l’attitude des Russes dans ce conflit.
Plus de six mois après le Sommet européen extraordinaire convoqué par Nicolas Sarkozy, le 1er septembre, pour trouver une solution commune au conflit Caucasien, des tensions se font encore sentir dans la région.
A la veille de la rencontre entre la Russie et la Troika de l’UE mercredi 11 février, Ekaterine Tkeshelashvili, Présidente du Conseil National de Sécurité Géorgien tient des propos virulent à l’égard des Russes. A l’occasion d’une rencontre avec le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, lundi 9 février, elle a demandé à la France de peser de tout son poids dans ce dossier jugé toujours sensible.
Lors d’une rencontre avec des journalistes, la présidente du conseil National de Sécurité Géorgien est revenue sur les raisons du conflit de l’été 2008. Selon elle, cette crise avait pour objectif la mise en place d’un gouvernement géorgien pro-russe et le renforcement de l’influence de la Fédération dans la région. Une attitude qui n’a aujourd’hui pas évolué, a indiqué Ekaterine Tkeshelashvili.
« Le premier ministre russe, Vladimir Poutine doit faire face aux nouvelles critiques que lui adresse le Président Medvedev », a indiqué la présidente. Or, « s’il souhaite conserver son leadership, il lui faut un succès politique », a-t-elle ajouté. Etant donnée l’importante crise économique que connaît la Russie des progrès favorables aux gouvernements ne pourront pas être réalisés dans ce secteur. Pour E. Tkeshelashvili, la seule solution dont dispose Poutine pour affirmer son autorité est donc de faire « revivre l’Union Soviétique ».
Mais les Georgiens continuent de « se battre aujourd’hui pour leur indépendance », indique E. Tkeshelashvili.
Dans cette perspective, E. Tkeshelashvili a rappelé que le partenariat entre la Géorgie et l’Union Européenne était une « priorité » pour son pays. La Géorgie souhaite « être plus proche de l’Union, dont elle partage les valeurs », a-t-elle indiqué. Un tel rapprochement allant dans le sens de l’indépendance de la Géorgie vise à vis de la Russie.
La présidente du conseil National de Sécurité Géorgien attend ainsi de l’Union Européenne qu’elle envoie « un signal » à la Russie en déclarant que sa politique pourrait avoir à des « répercussions » si elle ne respectait pas l’accord en six points. Au sein de l’UE, la France a un rôle particulier à jouer à laisser entendre la présidente du Conseil National de Sécurité Géorgien. Lors de sa rencontre avec Bernard Kouchner, elle a d’ailleurs demandé au ministre des affaires étrangères que la France continue à pousser les Européens dans ce dossier.
La Russie rencontre la Troïka de l’Union Européenne (France, République Tchèque, Suède) ce mercredi 11 février.
Le 6 février dernier la Présidence tchèque en exercice déclarait au nom de l’UE qu’elle « s’inquiétait » du projet de la Russie qui souhaitait renforcer sa présence militaire en Abkhazie et en Ossétie du Sud. « Un tel projet serait en contradiction avec l’esprit des accords de cessez-le-feu conclus en août et septembre 2008 », avait indiqué la Présidence tchèque.
POSITIONS :
Interrogée par EURACTIV.fr, la directrice de recherche à l’IRIS, spécialiste des relations UE/Russie, Laure Delcour, a nuancé l’analyse d’Ekaterine Tkeshelashvili. S’il est vrai que l’actuel président Georgien est « la bête noire de la Russie », les raisons du conflit doivent se trouver davantage dans la volonté Russe « de prouver qu’elle pouvait contre carrer les projets de l’OTAN », estime-t-elle. Bien plus que dans la chute du gouvernement peu favorable à la Russie. »
Laure Delcour estime en outre que la Russie a respecté « la lettre » de l’accord mais pas son « esprit ». Elle a respecté « une partie de l’accord consistant au retrait du territoire géorgien ». La Fédération a, au contraire, maintenu se présence en Ossétie du Sud et an Abkhazie.
« Le climat entre l’UE et la Russie ne s’est pas dégradé », estime enfin Laure Delcour. « La Présidence tchèque est plus méfiante à l’égard de la Russie que ne l’a été la Présidence française. Néanmoins, l’on constate une détente dans les rapports entre les États-Unis et la Russie, notamment depuis l’intervention du vice président des États-Unis, Joe Biden à Munich. Les dernières déclarations communes du Président Sarkozy et de la Chancelière Merkel vont dans le même sens. »