Victoire de la candidate euro-pragmatique à l'investiture du PS pour les présidentielles en France [

Ségolène Royal a remporté une très nette victoire à l'issue du vote des militants socialistes pour désigner le candidat du Parti socialiste (PS) aux élections présidentielles françaises de 2007. Elle a récemment reproché à l'Europe son manque de résultats sur les questions sociales et a promis des politiques plus pragmatiques.

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Ségolène Royal a remporté une très nette victoire à l’issue du vote des militants socialistes pour désigner le candidat du Parti socialiste (PS) aux élections présidentielles françaises de 2007. Elle a récemment reproché à l’Europe son manque de résultats sur les questions sociales et a promis des politiques plus pragmatiques.

Avec 60,62% des voix selon les derniers sondages, la victoire de Ségolène Royal ressemble à un raz-de-marée. Elle sera la première femme à incarner les espoirs d’un grand parti politique d’accéder à la présidence de la République en France. 

Lors d’un débat télévisé avec ses adversaires socialistes pour l’investiture, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, le 7 novembre, Mme Royal s’est montrée critique sur certaines questions européennes. 

« L’Europe n’a pas réussi à lutter contre le chômage. L’Europe a créé aussi de la précarité, n’a pas correctement réagi contre les délocalisations. L’Europe n’a pas incarné un idéal, elle s’est réduite à une monnaie qui a provoqué une hausse des prix et à un grand marché. »

« Il faut reconstruire l’Europe par la preuve, lancer un grand projet européen qui touche la vie concrète, quotidienne des Français, » a-t-elle déclaré.

Selon elle, ce grand projet doit reposer sur des « investissements massifs » dans les emplois et la recherche. Elle recommande une « politique européenne extrêmement offensive » en matière d’environnement, avec « une TVA vers le taux zéro » sur toutes les énergies renouvelables.

Ensuite seulement, il faut mener une réforme des institutions européennes, estime la candidate socialiste, qui s’est déclarée en faveur d’un « texte court » indiquant « qui décide, comment on décide, et avec quelles institutions nous décidons. » Le processus de réforme pourrait se conclure par un nouveau référendum, a-t-elle ajouté. 

A propos de la candidature turque à l’adhésion à l’UE, Mme Royal a indiqué qu’elle tiendrait la parole du gouvernement socialiste dirigé à l’époque par Lionel Jospin, qui avait décidé d’ouvrir les négociations, ajoutant : « l’Etat n’a qu’une parole. » Mais elle a précisé qu’au final, elle suivrait l’avis du peuple français lors d’un référendum qui devrait se tenir avant l’intégration de la Turquie. 

Tout comme son probable adversaire de droite, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal est considérée comme une réformatrice et a souvent été comparée à Tony Blair, suscitant les critiques de la gauche du Parti socialiste, qui lui reproche d’être « libérale ».