Vingt Français devraient devenir membres de cabinet des différents commissaires européens

Tous les membres du collège Barroso 2 achèvent de constituer leur équipe. Une vingtaine de Français devraient en faire partie. Soit autant que de Britanniques et d’Allemands.

EURACTIV.fr
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Tous les membres du collège Barroso 2 achèvent de constituer leur équipe. Une vingtaine de Français devraient en faire partie. Soit autant que de Britanniques et d’Allemands.

Alors que la nouvelle Commission européenne doit être officiellement investie par le Parlement européen le 9 février, les futurs commissaires achèvent la composition de leur cabinet.

Les règles pour constituer cette garde rapprochée sont strictes : pas plus de six conseillers, outre un expert, pour chacun. Le président de la Commission, quant à lui, a le droit de s’entourer d’une douzaine de personnes. Mais dans les deux trois nationalités au moins doivent être représentées.

Deux Français seulement figurent parmi les directeurs de cabinet sur les listes officieuses qui circulent au Berlaymont et entre les capitales, contre cinq pour les Britanniques et quatre pour les Allemands. Même constat pour les porte-parole : trois sont français, contre sept pour les Britanniques et quatre pour les Irlandais.

Mais le compte s’améliore si l’on regarde l’ensemble des cabinets. Au total, une vingtaine de ressortissants français sont pressentis pour un poste de conseillers dans le cabinet d’un commissaire, explique-t-on à la représentation permanente (RP) de la France auprès de la Commission européenne.

Côté français, cette situation est jugée plutôt satisfaisante. «Cela correspond au nombre de Français dans les équipes de la Commission Barroso I», explique un conseiller de la RP. Avant de rappeler qu’il équivaut à celui des Britanniques et des Allemands.

Surreprésentation

Mais une note interne de la Commission européenne émanant des services de José Manuel Barroso souligne encore le déséquilibre en faveur de certaines nationalités. Portugais, Français et Britanniques seraient surreprésentés, souligne la note.

Parmi les Français qui accéderaient à un poste de conseiller, on peut noter l’arrivée Laurence de Richemont au cabinet de José Manuel Barroso. Elle dirige, depuis le 1er septembre, la représentation de la Commission européenne en France.

Alice Guitton, une énarque de 32 ans ancienne conseillère technique affaires multilatérales et stratégiques auprès de Bernard Kouchner devrait, elle, rejoindre le cabinet de la ministre des affaires étrangères de l’Union, Catherine Ashton.

Le commissaire au Marché intérieur et aux Services financiers Michel Barnier prendrait dans son équipe au moins deux Français : François Arbault, auparavant chez Jacques Barrot et Bertrand Dumont, en provenance du cabinet de la ministre française de l’Économie et des Finances, Christine Lagarde. Il y était chargé des affaires financières internationales et des relations européennes. Un ancien conseiller aux Affaires internationales et européennes du ministère français de l’Agriculture, le Norvégien Georg Emil Riekeles, pourrait également intégrer l’équipe. A moins que la nationalité de ce non-Européen rebute les services de la Commission.

Les deux directeurs de cabinet français sont Olivier Guersent et Philippe Brunet, qui travailleront respectivement auprès de Michel Barnier et de la commissaire à la Culture Androulla Vassiliou. Philippe Brunet dirigeait déjà le cabinet de Mme Vassiliou lorsqu’elle était commissaire à la Santé.

Au moins trois directeurs de cabinet adjoints travailleront également au Berlaymont : Stéphanie Riso, qui devrait passer de l’équipe de Joaquin Almunia à celle d’Olli Rehn; Laurent Muschuel, qui quittera le cabinet de Jacques Barrot pour rejoindre celui de Cécilia Malmstrom et Guillaume Loriot, un ancien de la DG Concurrence qui deviendra directeur adjoint du cabinet de Joaquin Almunia.

Du côté des porte-parole, la franco-britannique Chantal Hugues rejoint Michel Barnier; l’ancien porte-parole du Slovaque Markos Sefcovic,Frédéric Vincent, suit son commissaire; et l’ancienne porte-parole de Janez Potocnik, Catherine Ray, travaillera aux côtés d’Andris Piebalgs.

« L’important, c’est d’y être »

« Sur les 14 commissaires qui sont restés, beaucoup ont gardé l’essentiel de leur cabinet », analyse Marco Incerti, chercheur au Centre for European Policy Studies, en donnant l’exemple de Catherine Ashton, passée du Commerce aux Affaires étrangères.

« Même s’il est évident que les directeurs de cabinet sont plus haut dans la hiérarchie, ce n’est pas ce qui est le plus important », relativise-t-il, ajoutant que « l’important, c’est d’y être ». Aussi la stratégie consiste-t-elle à occuper des places dans le plus de cabinets possible, plutôt que de chercher à placer un maximum des directeurs de cabinet.

« Nombre de membres de cabinet ont fait toute leur carrière au sein des institutions », rappelle enfin le chercheur. Ce qui, selon lui, a pour effet de faire de ces fonctionnaires des hommes et des femmes plus sensibles à la « culture des institutions européennes » qu’à leur « culture nationale initiale ».

La composition des nouveaux cabinets devrait officiellement être rendue publique autour de la mi-février, après l’entrée en fonction de la Commission Barroso 2.