Européennes : aimez-vous Sarkozy ?

Dans un article publié par Telos, Christian Lequesne, directeur du Centre d’études et de recherches internationales, revient sur l’incapacité de la France à voir les élections européennes autrement que par le prisme national.

Dans un article publié par Telos, Christian Lequesne, directeur du Centre d’études et de recherches internationales, revient sur l’incapacité de la France à voir les élections européennes autrement que par le prisme national.

Une fois de plus, l’essentiel des débats en vue de l’élection du Parlement européen porte sur un seul thème : la politique nationale. En 2009, cela veut dire en France le sarkozysme ou l’anti-sarkozysme. Tous les partis politiques sont responsables de ce rapt du débat sur l’Europe, y compris ceux dont on pouvait s’attendre qu’ils s’appuient sur une longue tradition pro-européenne pour faire des propositions originales. François Bayrou, héritier du centrisme pro-européen, n’a ainsi que faire de l’Europe dans cette campagne. La seule chose qui lui importe est d’apparaître comme le principal opposant de Nicolas Sarkozy.

En étant spécialement consacré à la construction européenne, le discours prononcé à Nîmes le 5 mai par le Président de la République aurait pu faire espérer enfin des propositions nouvelles sur l’Europe, qui auraient incité en retour un Parti socialiste totalement asséché sur ce thème depuis le référendum de 2005 à prendre position. Or le discours de Nicolas Sarkozy ne comporte aucune force régénératrice. A l’exception des deux idées intéressantes visant à créer un comité des régulateurs bancaires et une centrale européenne d’achat du gaz, il comporte peu de propositions pour une relance constructive de l’Europe. Il est même à craindre que le discours de Nîmes ait conforté plutôt deux traits pathologiques de la manière dont bien des politiciens français, de droite comme de gauche, appréhendent en 2009 la construction européenne.

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