Financer le développement : comment faire après la crise ?
A la veille du Sommet du G20 à Cannes, l’équipe de l’Institut Thomas More s’est penchée sur les méthodes de financement qui représenteraient une alternative à la taxe sur les transactions financières proposée par la France, et certains pays européens. Dans ce rapport, elle met au banc d’essai douze mécanismes innovants.
A la veille du Sommet du G20 à Cannes, l’équipe de l’Institut Thomas More s’est penchée sur les méthodes de financement qui représenteraient une alternative à la taxe sur les transactions financières proposée par la France, et certains pays européens. Dans ce rapport, elle met au banc d’essai douze mécanismes innovants.
La crise mondiale qui dure depuis trois ans n’a pas été et n’est pas dans ses développements un « problème de riches ». Elle a eu des conséquences lourdes pour les pays pauvres, très vulnérables à la conjoncture internationale et très dépendants de leurs exportations (1). Elle les impacte également à travers les contraintes sévères que va faire peser la crise de la dette sur l’aide publique au développement (APD) versée par les pays riches. L’Afrique, du fait de sa dépendance structurelle à l’APD – en moyenne 9% du PIB des pays africains (2) –, est assurément la plus menacée. Les pays donateurs sont en effet confrontés à la question simple et claire : comment continuer à financer le développement, alors que les caisses sont vides ? Autre mauvaise nouvelle : il paraît maintenant acquis que l’un des principaux « Objectifs du Millénaire » (OMD), celui consistant à réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici 2015, ne sera pas atteint. La Banque mondiale considère en effet qu’en raison de la crise, 53 millions de personnes supplémentaires demeureront extrêmement pauvres d’ici 2015 (3).
C’est en réponse à ce double défi d’un besoin constant de développement au Sud et d’une pénurie croissante de moyens publics au Nord que la question des financements innovants s’est imposée dans le débat public. Mais si l’intérêt pour eux s’est accru depuis 2008, il convient de rappeler que leur création est un peu plus ancienne. En effet, avec la création du Groupe Pilote sur les financements innovants (Leading Group on Innovative Financing) en 2006 (4), principale enceinte de discussion et de propositions, ce sont 2 milliards de dollars de financements additionnels qui ont été dégagés par différents moyens, comme la taxe sur les billets d’avion, d’initiative française, la garantie d’achat futurs (AMC) ou la facilité internationale de financement sur fonds gratuits (IFFIm), d’initiative britannique.