Guillaume Daudin (OFCE) : "Pourquoi faut-il réussir Doha?"
Européens et Américains ne mettent pas tout en œuvre pour faire aboutir le processus de Doha. Quoi qu’il en soit, l’affaiblissement durable des négociations commerciales serait une mauvaise nouvelle. Cette thèse est développée par Guillaume Daudin, chercheur au département économie de la mondialisation à l’OFCE, dans une note intitulée « Pourquoi faut-il réussir Doha ? ».
Européens et Américains ne mettent pas tout en œuvre pour faire aboutir le processus de Doha. Quoi qu’il en soit, l’affaiblissement durable des négociations commerciales serait une mauvaise nouvelle. Cette thèse est développée par Guillaume Daudin, chercheur au département économie de la mondialisation à l’OFCE, dans une note intitulée « Pourquoi faut-il réussir Doha ? ».
Le 30 juin a expiré la loi donnant à Georges Bush le droit de présenter au Congrès les accords commerciaux sans que celui-ci puisse discuter de chaque article individuellement (special trade authority), explique Guillaume Daudin. La majorité démocrate ne l’a bien sûr pas renouvelée.
Beaucoup voient là un symbole de l’échec du round de négociations commerciales multilatérales de Doha.
La situation n’est guère meilleure en Europe. Nicolas Sarkozy s’est inscrit dans la continuité de Chirac en accusant Peter Mandelson, Commissaire européen au commerce chargé des négociations, d’outrepasser les termes de son mandat. Il a proposé de le remplacer par le président du Conseil Européen, ce qui aurait comme résultat probable l’immobilisation des négociations.
Il menace de plus de mettre son veto à tout accord qui ne sauvegarderait pas les intérêts agricoles de la France. Chacun, comme il est de bonne guerre, joue sans doute à se faire peur. Même sans le special trade authority, le Congrès pourrait accepter un accord.
La menace de veto de la France n’est pas véritablement crédible puisque les décisions sur le commerce extérieur se prennent en Europe à la majorité qualifiée. Un examen des négociations montre que le cycle de Doha a en fait bien progressé, même si le niveau précis des concessions commerciales de chacun n’est pas déterminé.
Mais cette progression est-elle une bonne nouvelle ? Paradoxalement, les théories classiques du libre-échange ne permettent pas d’en juger. Elles n’aident pas à comprendre la logique des négociations multilatérales et n’en promettent que des gains limités.
Cependant, même pour ceux qui estiment qu’un certain niveau de protectionnisme est nécessaire, l’OMC joue, selon Guillaume Daudin, un rôle important dans le système international et son affaiblissement durable serait une mauvaise nouvelle.
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