Joachim Fritz-Vannahme : « Le mystère Sarkozy »
Dans le contexte des élections municipales et de la future présidence française de l’Union européenne, un chercheur à la Fondation Bertlesman, Joachim Fritz-Vannahme, analyse la politique européenne, selon lui pleine de contradictions, menée par Nicolas Sarkozy.
Dans le contexte des élections municipales et de la future présidence française de l’Union européenne, un chercheur à la Fondation Bertlesman, Joachim Fritz-Vannahme, analyse la politique européenne, selon lui pleine de contradictions, menée par Nicolas Sarkozy.
En bref :
« La France deviendra-t-elle plus européenne ou la politique européenne deviendra-t-elle plus française ? ». Telle est la question que se pose Joachim Fritz-Vannahme, chercheur à la Fondation Bertelsmann, à l’occasion d’une étude sur la politique étrangère et européenne menée par le président de la République français.
Introduisant son propos par les grands titres que la presse européenne consacre à Nicolas Sarkozy, l’analyste note que malgré son impopularité, due à l’étalement de sa vie privée, ses résultats politiques « ne sont pas si mauvais, au moins dans le domaine de la politique étrangère ». Cependant, les résultats en termes de politique européenne lui semblent plus discutables.
En matière de politique étrangère, Joachim Fritz-Vannahme reconnaît que Nicolas Sarkozy a réussi à normaliser les relations entre la France et les États-Unis, grâce à plusieurs de ses actions – son discours devant le Congrès américain, le retour de la France dans la structure militaire de l’OTAN, le renforcement de l’engagement militaire français en Afghanistan et dans le Golf.
Sa politique européenne est en revanche plus complexe et peu compréhensible pour nos partenaires européens, explique l’analyste. Entre les priorités fortement annoncées de la Présidence française, les attaques répétées contre la BCE ou les critères budgétaires de Maastricht, les autres États membres ont du mal à comprendre ce que veut vraiment Nicolas Sarkozy. La Présidence française « est déjà regardée avec suspicion, non seulement à Bruxelles mais aussi à Berlin et dans les autres capitales européenne », remarque l’analyste.
Le dossier agricole et l’union méditerranéenne rencontrent notamment le scepticisme des autres États membres. Joachim Fritz-Vannahme soutient que le président devra montrer plus de volonté à accepter des compromis s’il veut vraiment réformer la PAC avant l’heure.
Enfin, l’analyste souligne la schizophrénie française en matière économique. Opposés à une Europe néo-libérale, depuis le non de 2005, les Français ont pourtant voté pour la politique économique libérale que leur promettait le candidat de droite.
De même, lorsque Nicolas Sarkozy s’est battu pour reléguer aux protocoles du traité de Lisbonne, la fameuse expression de « concurrence libre et non faussée», veut-il réconcilier la France avec l’Europe ou bien réconcilier l’Europe avec le « non » français ? Dans le premier cas, l’analyse estime que les partenaires européens devraient passer outre leur irritation et soutenir le président français. A l’inverse, dans le second cas de figure, la France rejoindrait le camp des eurosceptiques et le couple franco-allemand ne pourrait alors fonctionner.
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