"L'Europe doit être visible et active en Méditerranée"

Pour le professeur Jean-Pierre Filiu, l'Union européenne devrait assumer son rôle politique en Méditerranée et sortir de son approche humanitaire.

Pour le professeur Jean-Pierre Filiu, l'Union européenne devrait assumer son rôle politique en Méditerranée et sortir de son approche humanitaire.

Dans un entretien publié par la Fondation Robert Schuman (FRS), le spécialiste du monde arabe Jean-Pierre Filiu analyse les récents événements intervenus dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen. Il explique les difficultés de l'Union européenne à s'imposer comme un acteur diplomatique de premier plan. 

FRS : Deux ans après le début des révolutions arabes, la Tunisie est secouée par une vague de violences et d’instabilité majeure. Comment analyser la situation présente ? Risque-t-elle de sombrer dans le chaos d’une guerre civile ?

Jean-Pierre Filiu : L’assassinat de l’avocat Chokri Belaïd, le 6 février 2013, risque d’apparaître rétrospectivement comme un événement aussi important que l’immolation de Mohammed Bouazizi, le 17 décembre 2010, qui avait marqué le déclenchement du soulèvement démocratique dans le monde arabe.

Nous sommes entrés dans la deuxième vague de ce bouleversement historique de longue durée, qui débute assez logiquement en Tunisie, car les islamistes locaux, le parti Ennahda, ont dilapidé en un temps record le capital de popularité qu’ils avaient engrangé à l’automne 2011.

La Tunisie a amplement les capacités de sortir de la crise actuelle, à condition que le processus de transition constitutionnelle soit enfin remis sur les rails, ce qui passe par un accord politique le plus large possible.

Lire l'intégralité de l'entretien avec Jean-Pierre Filiu