L’Europe, projet de géant aux pieds d’argile tant que le citoyen ne le soutient pas

Pour conserver un modèle vertueux de démocratie et d’économie sociale de marché, l’Europe doit se doter d’une base légitime solide et ainsi renforcer sa communication. C’est le message délivré par le Centre européen de droit et d’économie et publié par EURACTIV.fr dans son Livre jaune sur le mandat de la prochaine commission européenne.

Pour conserver un modèle vertueux de démocratie et d’économie sociale de marché, l’Europe doit se doter d’une base légitime solide et ainsi renforcer sa communication. C’est le message délivré par le Centre européen de droit et d’économie et publié par EURACTIV.fr dans son Livre jaune sur le mandat de la prochaine commission européenne.

En temps de crise, les questions récurrentes sur la capacité de l’UE à résoudre son problème de citoyenneté européenne et, en externe à prendre efficacement la parole se posent avec encore davantage d’acuité. Face aux bouleversements mondiaux,  l’UE qui cherche à conserver un modèle vertueux de démocratie et d’économie sociale de marché devrait pouvoir jouer un rôle spécifique de médiateur.

Mais pour ce faire, elle doit disposer d’une base légitime solide ; or, les résultats des récentes élections européennes manifestent à nouveau  une désaffection grandissante du citoyen à l’égard, non de l’idée d’Europe, mais de la construction telle qu’elle lui est présentée.

C’est une menace grave pour la cohésion de notre espace de citoyenneté commune, menace qui fragilise une capacité à exercer une place crédible de médiateur sur la scène mondiale.

Crise de gouvernance et de leadership

La crise interne de l’UE est une crise de gouvernance, crise de leadership qui interpelle l’élite sur  sa capacité  à débattre du projet. L ’UE doit être apte a répondre en valorisant son modèle de société dans un monde sans repères. La légitimité de l’Union Européenne passe par des vertus d’explication  : il est impératif de rendre compte aux citoyens de la valeur ajoutée du projet et ainsi générer un « demos » grâce à une meilleure  pédagogie. Si le défi d’un tel débat n’est pas relevé, si l’Europe ne passe pas d’un projet mené par une élite à un projet qui fait sens pour tous, il ne sera  guère possible, vis-à-vis de l’extérieur, de revendiquer un rôle de médiateur  en démontrant la performance de notre  système de régulation.

Cela passe par des réformes de la pédagogie de l’Europe à l’école et dans le supérieur :

  • « Classes Europe » comme il y a des classes vertes
  • Interventions de jeunes européens dans les classes pour sensibiliser au fonctionnement de l’UE,
  • TPE au lycée sur une problématique historique, économique ou culturelle apte à créer un lien entre les classes de trois ou quatre écoles européennes dont une d’Europe centrale et une d’Europe du sud
  • Service civil européen volontaire ….

Cela passe par des efforts de communication ciblés sur des prescripteurs potentiels (cours pour les élus locaux, formation des dirigeants de PME). 

Cela passe par la diffusion régulière d’informations sur la construction concrète de l’Europe dans les medias populaires :

  • Parler d’Europe dans les journaux gratuits (type Metro)
  • Journaux télévisés de cinq minutes sur l’Europe chaque soir- quota CSA
  • Emissions populaires et jeux avec des équipes européennes
  • Emissions europe-regions sur la France3
  • Magazine pour jeunes qui parle des autres européens de leur âge pour faire s’intéresser aux points communs et diversités ou une émission TV dans les chaînes pour jeunes avec reportages sur des jeunes.

Cela passe par le développement des medias plus  techniques.

Cela passe en bref par un travail de démonstration. Expliquer le comment ! Proposer des avancées concrètes sur le « Pourquoi faire?»

Pour que L’Europe soit comprise, admise, souhaitée, elle doit être vécue comme un « plus ». Non seulement par les valeurs affichées mais par les orientations d’une économie à visage humaniste : responsabilité sociale, développement durable, services d’intérêts généraux …Elle doit être incarnée.

Viviane de Beaufort, pour le CEDE- ESSEC