Pour un marché intérieur des biens et services plus efficace
Dans le cadre du Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la prochaine mandature, le groupe Carrefour plaide pour une intégration accrue du marché intérieur de l’UE.
Dans le cadre du Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la prochaine mandature, le groupe Carrefour plaide pour une intégration accrue du marché intérieur de l’UE.
Accès aux biens, défense du pouvoir d’achat, équilibre entre grandes et petites industries, industries locales et étrangères, contrôle de la qualité des produits et garantie de sécurité alimentaire, … Il est évident que la distribution concentre une somme d’enjeux qui en font un secteur stratégique, au-delà de la taille même des entreprises concernées, du chiffre d’affaires qu’elles réalisent et des effectifs qu’elles mobilisent.
Face à la crise, ayons foi en l’avenir !
La crise bancaire et économique actuelle remet en question le fonctionnement même de nos économies, et la mondialisation engendre des peurs : peur de voir s’aggraver les dangers que court notre environnement, peur de voir s’accentuer les déséquilibres entre les pays, peur de perdre toute maîtrise de l’avenir.
Chez Carrefour, nous avons foi dans l’avenir. Deuxième distributeur mondial et numéro un européen, le Groupe Carrefour se pose, depuis plus de quarante ans, comme un partenaire essentiel dans la vie quotidienne des millions de consommateurs qui visitent tous les jours ses magasins. Carrefour est le 7ème employeur mondial privé avec fin 2008, plus de 500 000 employés dans le monde et 300 000 en Europe.
Présent dans 30 pays, nous vivons cette « mondialisation positive » de l’intérieur, au cœur des populations, et croyons qu’une mondialisation équitable, respectueuse de la diversité de chacun, est possible.
Entreprise commerciale, nous nous sommes donnés pour ambition de devenir le commerçant préféré de nos clients, en assumant nos responsabilités économiques comme environnementales et sociales. Nous sommes une entreprise globale, agissant au niveau local. Dans chaque marché où nous opérons, les biens et services offerts sont adaptés aux mœurs locales, et nous promouvons des coopérations de long-terme avec nos fournisseurs. 90% de nos marchandises sont achetées localement. Notre secteur n’est pas sujet à délocalisation…
Pour un marché intérieur des biens et services plus efficace
Dans ce contexte, nous ne pouvons que déplorer que les efforts jusqu’à présent insuffisants de l’UE pour réaliser l’agenda de Lisbonne. Il faut aujourd’hui encourager une culture de l’esprit d’entreprise et parvenir à un juste équilibre entre risques et rétributions.
L’union doit adopter une politique commerciale qui lui permette enfin de tirer le meilleur parti du potentiel de son marché intérieur. Le secteur des services représente 70% du PIB de l’UE et plus de 50% de sa main d’œuvre. Les entreprises qui vendent leurs produits dans le marché unique savent qu’elles ont un accès illimité à plus de 450 millions de consommateurs, qu’elles peuvent réaliser des économies d’échelle et des gains de productivité qu’elles peuvent traduire en baisse des prix. Le marché unique a aussi constitué un formidable tremplin à l’international pour nombre d’entreprises européennes.
Nous attendons beaucoup de l’exercice en cours à la Commission sur le Suivi de marché du secteur du commerce de détail.
Il est essentiel que la liberté d’établissement soit favorisée dans toutes les zones européennes, c’est le corollaire de la liberté d’entreprise à laquelle nous sommes particulièrement attachés. La coexistence en Europe de procédures administratives complexes et coûteuses représente certainement l’obstacle non tarifaire le plus tenace à la libre circulation des services et des biens. Les États membres se montrent encore très réticents à accepter les standards et les normes d’autres pays.
La suppression effective de ces obstacles et l’établissement d’une concurrence loyale entre les opérateurs, auront des retombées positives non seulement sur les consommateurs sous la forme de prix moins élevés et de services de meilleure qualité, mais aussi sur la croissance et l’emploi.
D’autres coûts cachés viennent accroître artificiellement les prix des marchandises, comme les commissions interbancaires prélevées par les banques à chaque paiement par carte dans nos magasins. L’achèvement du marché intérieur des paiements doit également permettre un nivellement par le bas de ces tarifications bancaires.
Le Groupe formule aujourd’hui 5 demandes aux décideurs européens :
1. Faciliter le commerce des biens et des services à l’intérieur de l’Union via notamment la revue du Marché intérieur
2. Mettre en place un marché intérieur des paiements plus efficace et moins coûteux pour les utilisateurs et les consommateurs
3. Développer l’environnement réglementaire adéquat qui permette aux entreprises d’investir dans une économie ‘verte’
4. Assurer un niveau de protection des consommateurs élevé et harmonisé dans l’ensemble de l’UE
5. Négocier au niveau international la réciprocité des échanges
Solène Flahault – Directrice affaires publiques européennes, Groupe Carrefour