Sur l’Europe Paris et Londres sont toujours divisés
Au mois de novembre, la France et le Royaume-Uni ont proposé deux visions totalement différentes du futur de l’Europe. Le président français, Nicolas Sarkozy, a évoqué la construction d’une Europe politique alors que le ministre des affaires étrangères britannique, David Miliband, a repoussé cette idée, prônant un " modèle de puissance ". Jolyon Howorth, professeur de sciences politiques à l’université de Yale, décrypte dans une analyse pour Télos, l’antinomie de ces deux positions.
Au mois de novembre, la France et le Royaume-Uni ont proposé deux visions totalement différentes du futur de l’Europe. Le président français, Nicolas Sarkozy, a évoqué la construction d’une Europe politique alors que le ministre des affaires étrangères britannique, David Miliband, a repoussé cette idée, prônant un » modèle de puissance « . Jolyon Howorth, professeur de sciences politiques à l’université de Yale, décrypte dans une analyse pour Télos, l’antinomie de ces deux positions.
Deux discours, deux langues, deux façons de penser, deux publics différents : un combat s’annonce-t-il sur l’avenir de l’Europe ? Le discours prononcé le 15 novembre à Bruges par le secrétaire britannique aux Affaires étrangères David Miliband et celui du président Sarkozy deux jours avant pourraient difficilement être plus différents dans le ton, le style et le vocabulaire. Chacun, clairement, avait l’autre en ligne de mire. Tous deux commencent avec un rappel historique : la raison d’être de l’UE fut toujours de dépasser un passé fratricide en s’unissant autour des valeurs communes (Miliband) et de la quête d’une destinée commune (Sarkozy). La destinée implique un projet politique, les valeurs des procédures communes. Ce n’est pas la même chose.
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