Une éducation pour tous à l’Europe

Dans le cadre du Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la nouvelle Commission, la Maison de l’Europe de Paris explique l’importance d’enseigner aux jeunes les valeurs de l’Europe, l’histoire de sa construction et les bases des principales politiques qui fondent son action.

Dans le cadre du Livre jaune d’EURACTIV.fr sur les attentes des parties prenantes pour la nouvelle Commission, la Maison de l’Europe de Paris explique l’importance d’enseigner aux jeunes les valeurs de l’Europe, l’histoire de sa construction et les bases des principales politiques qui fondent son action.

La citoyenneté européenne existe juridiquement depuis le traité de Maastricht de 1992. Mais les citoyens européens, capables de participer, et en premier lieu d’exercer leur droit de vote, existent-ils réellement ? L’insuffisance de l’exercice de la vie démocratique, illustrée par l’abstention aux élections européennes (57% en moyenne dans les vingt-sept pays de l’UE en juin 2009), permet d’en douter.

Pour exercer ses droits et ses devoirs, il faut les connaître et comprendre leur utilité. Notre activité, à la Maison de l’Europe de Paris, nous conduit à mener des actions d’information sur l’Europe auprès de jeunes d’horizons divers. Cette pratique renforce notre conviction  : non seulement, la connaissance d’éléments de base pour une citoyenneté européenne active est nécessaire pour créer un sentiment d’appartenance à l’Europe, mais elle est devenue indispensable pour bénéficier des possibilités offertes par la construction communautaire et s’intégrer dans la société.

Enseigner l’Europe à l’école

La Commission européenne vient de définir la citoyenneté active dans un document de travail de la direction de l’Education et des affaires culturelles (document de travail EU youth report com 2009 200 avril 2009) en rappelant que l’information des jeunes est définie comme priorité depuis le Livre blanc sur la jeunesse de décembre 2001. Et selon un récent sondage Eurobaromètre, 80% des Européens estiment que l’Europe doit être enseignée à l’école.

En France, depuis la mise en place du « socle commun de connaissances et de compétences » par décret le 11 juillet 2006, l’Europe figure dans trois des sept piliers des programmes de l’Education nationale.

Une analyse de ce décret montre les progrès par rapport au passé, mais aussi les limites de cette approche qui ne souligne pas assez le changement de paradigmes et le projet politique sui generis que signifie la construction communautaire.

Sur la base de ces constats, la Maison de l’Europe de Paris a formé un groupe de réflexion, dans le cadre d’un projet-pilote soutenu par la Fondation Hippocrène, pour définir ce que seraient  les éléments de base pour une citoyenneté européenne à transmettre à tous les jeunes, y compris les plus défavorisés.

Ce groupe propose de structurer ces éléments en trois volets  :

  • Le premier, historique, permettrait d’aborder les fondements de la construction européenne (les racines gréco-romaines et judéo-chrétiennes de l’Europe ; le croisement perpétuel de cultures différentes ; les formes d’organisation politique en Europe…). L’éducation nationale, dans chaque pays, doit transmettre les acquis, les souffrances et les enjeux de notre histoire européenne.
  • Le deuxième volet concernerait les valeurs défendues par l’ensemble des États membres de l’UE, à savoir celles contenues dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Ce volet permettrait de comprendre  le fondement humaniste de la construction européenne et aborderait aussi le principe résumé par la devise de l’Europe « Unie dans la diversité », qui a son rôle à jouer dans la compréhension du projet européen.
  • Le troisième volet, « Vivre l’Europe », serait axé sur les principales politiques de l’UE, sur les possibilités pour les citoyens d’étudier, de se former, de travailler en Europe et sur la connaissance des programmes européens de mobilité.Ce volet permettrait aussi de connaître les droits électoraux, les autres formes de participation (à travers le CESE, le Comité des Régions, les regroupements d’associations et d’ONG…) et les lieux d’information et de débat sur l’Europe près de chez soi.

L’Union n’est pas habilitée à imposer des contenus mais rien n’empêche les États membres de se mettre d’accord sur une base commune pour une éducation pour tous à l’Europe.

Un socle commun permettant à tous les jeunes de connaître et de respecter l’autre grâce à l’acquisition de compétences interculturelles et linguistiques; de comprendre le sens du projet européen; de participer activement à la vie démocratique européenne et de former une société en Europe. 

Maison de l’Europe à Paris