10 millions d'euros de contraceptifs financés par l'USAID vont être incinérés en France

Washington a refusé que ces contraceptifs soient rachetés par des ONG.

EURACTIV.com
Political Crisis In Venezela
View of humanitarian aid for Venezuela inside a warehouse at the Tienditas International Bridge in Cucuta, Colombia, on the border with Venezuela, on February 21, 2019. US President Donald Trump on Monday urged Venezuela's military to accept opposition leader Juan Guaido's amnesty offer, or stand to "lose everything," as a crisis deepened over President Nicolas Maduro's refusal to let in desperately needed humanitarian aid. (Photo by Elyxandro Cegarra/NurPhoto via Getty Images)

Plusieurs sources ont déclaré à Reuters que l’administration Trump préférait payer pour la destruction de contraceptifs encore utilisables, d’une valeur de plus de 10 millions d’euros et stockés en Belgique, plutôt que de les vendre à des ONG.

Ces contraceptifs financés par les États-Unis sont stockés dans un entrepôt belge depuis la suspension des programmes de l’USAID en janvier, et vont maintenant devoir être détruits.

Ils devraient être transportés en France, où une usine de traitement des déchets médicaux se chargera de leur incinération. L’administration Trump va devoir dépenser près de 160 000 dollars pour se débarrasser de ces stocks de préservatifs, de pilules et d’autres moyens de contraception, dont les dates d’expiration s’étalent d’avril 2027 à septembre 2031.

Pour éviter ce que beaucoup considèrent comme un gaspillage insensé, plusieurs ONG ont proposé à Washington de racheter ces fournitures, mais en vain.

L’ONG MSI Reproductive Choices a proposé de prendre en charge les frais de reconditionnement des produits, sans le logo de l’USAID, et de les expédier vers des pays qui en ont besoin, mais cette offre a été rejetée.

« Aucune alternative viable »

Le ministère belge des Affaires étrangères a confirmé à Reuters avoir eu des discussions avec les autorités américaines et avoir « exploré toutes les options possibles pour empêcher la destruction ».

« Malgré ces efforts, et dans le plein respect de nos partenaires, aucune alternative viable n’a pu être trouvée », a déclaré le ministère dans un communiqué envoyé à l’agence de presse.

« La santé sexuelle et reproductive ne doit pas être soumise à des contraintes idéologiques », est-t-il ajouté.

Cette décision de Washington s’inscrit dans le cadre du démantèlement de l’USAID, autrefois plus grand donateur mondial d’aide humanitaire, avec un budget annuel d’environ 40 milliards de dollars.

Un gel de 90 jours des activités de l’USAID avait été décrété le 20 janvier, le jour de l’entrée en fonction du président Donald Trump. Deux semaines plus tard, Elon Musk, à l’époque l’un de ses principaux conseillers, avait annoncé la fermeture des programmes de santé mondiale de l’agence.

En mars, le secrétaire d’État Marco Rubio avait confirmé que 83 % des programmes de l’USAID seraient supprimés. Le 1er juillet, ses activités restantes ont été pris en charge par le département d’État.