A Florange, le projet Ulcos s'éloigne

ArcelorMittal lance une phase de recherche pour résoudre les problèmes de sécurité sur le site sidérurgique lorrain. La Commission européenne veut boucler la deuxième phase de l'appel d'offres pour les projets de capture et stockage de CO2 en 2013.

EURACTIV.fr
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ArcelorMittal lance une phase de recherche pour résoudre les problèmes de sécurité sur le site sidérurgique lorrain. La Commission européenne veut boucler la deuxième phase de l’appel d’offres pour les projets de capture et stockage de CO2 en 2013.

La crise ralentit le développement des projets pilotes de captage et de stockage de CO2. L’absence de candidat à l’appel d’offres lancé par la Commission européenne dans le cadre du projet NER300 en est une illustration. « Nous ne pouvons fournir que 50% du financement », a rappelé la commissaire au Climat Connie Hedegaard mardi 18 décembre. 

Les Etats ne sont pas en mesure de contribuer à ces expériences et les investisseurs privés refusent de s’engager dans des projets dont la rentabilité n’est pas avérée. 

Le procédé de CSC consiste à capturer jusqu’à 90 % des émissions de CO2 issues des centrales thermiques ou des usines industrielles, puis à les transporter par pipeline ou bateau jusqu’à des formations géologiques où il est enfoui.

Emergence difficile de la filière de capture et stockage de CO2

Intéressants à partir de 30 euros la tonne de CO2, ces projets ne le sont plus du tout quand le carbone est aux alentours de 8 euros, comme c’est le cas actuellement. 

Or, à court terme, les chances de voir ces tarifs remonter sont minces. La Commission européenne a proposé différentes options pour rehausser le prix du CO2 et ainsi rendre attractif le marché des quotas européens. Mais les pays de l’Est de l’Europe, la Pologne en tête, dont l’électricité vient à 83% de centrales à charbon ne veulent pas entendre parler de cette réforme. 

1,2 milliard d’euros ont été attribués à 23 projets dans le domaine des énergies renouvelables. Mais, un à un, les 8 initiatives de captage et enfouissement de CO2 ont donc été retirées.

Travaux de R&D

En France, le gouvernement français fait du déploiement du projet de CSC « Ulcos » sur le site lorrain la clé pour maintenir, à long terme, les emplois menacés par la fermeture définitive de l’usine sidérurgique de Florange. « Cela n’a pourtant rien à voir du point de vue de la compétitivité de l’emploi industriel », estime Michel Damian, chercheur au CNRS et auteur d’un rapport sur le captage et stockage. 

L’aciériste ArcelorMIttal a cependant fait savoir à la Commission européenne par courrier qu’il retirait la candidature d’Ulcos pour des raisons de manque de « sécurité » du projet. 

4 jours après la signature de l’accord avec le gouvernement, cette annonce a surpris. « Le fond du problème de la déclaration d’ArcelorMittal est qu’un jour tout allait bien et que, dans la nuit, des gens ont découvert qu’il y avait tout ces problèmes auxquels on avait jamais pensé avant », explique une source dans l’entreprise.

Chercheur au CNRS, Patrick Criqui a participé aux démarrages du projet entre 2004 et 2007. « Personne n’a mentionné de problèmes de sécurité ou de difficultés techniques particulières » lors d’une réunion récente, observe-t-il. 

Ulcos figurait en dernière place sur la liste des projets susceptibles de recevoir un co-financement européen par la Commission européenne. Après le retrait des autres candidats, cette initiative pilote avait cependant toutes ses chances. « On peut dire qu’Ulcos a raté 264 millions de financements européens », a déclaré un responsable européen cité par les Echos mardi 18 décembre. 

Un deuxième appel d’offre pour des projets de CSC devrait voir le jour au début de l’année 2013 et être bouclé dans l’année, a précisé la commissaire européenne Connie Hedegaard. Mais il semble aujourd’hui très peu probable qu’ArcelorMittal dépose sa candidature.

Pour le moment, l’entreprise a repoussé sa participation. Le directeur général d’ArcelorMittal Atlantique et Lorraine Henri-Pierre Orsini a cependant déclaré, mardi 18 décembre, sur France 3 Lorraine, que l’entreprise présenterait, à la fin du 1er trimestre 2013, un plan de recherche et développement pour être en mesure de résoudre les problèmes techniques mentionnés à la Commission. 

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Un calendrier de long terme en décalage avec celui de la Commission européenne. « Si le projet avait été mis en oeuvre il imposait de poursuivre l’activité des hauts fourneaux et Mittal veut peut être éviter de se lier les mains avec ce projet », s’interroge Patrick Criqui. 

L’absence de rentabilité des projets de CSC, explique les réticences des entreprises à investir. Dans le monde, en 2011, seuls 7 pilotes de capture et stockage avaient vu le jour, note Michel Damian. 

Le montage des projets dans le cadre du programme NER300 peut également poser problème, explique-t-on chez ArcelorMittal. Contrairement aux habitudes dans la recherche et développement, les financements de la Commission interviennent a posteriori et annuellement. L’entreprise doit donc emprunter de l’argent à sa banque, ce qui augmente ses coûts financiers.