À la tête du Conseil de l’UE début 2025, la Pologne entend réviser les politiques environnementales
La Pologne pourrait profiter de sa présidence du Conseil au premier semestre 2025 pour réviser certaines politiques environnementales clés de l’Union, notamment le système d’échange de quotas d’émissions pour le bâtiment et le transport routier (SEQE 2).
La Pologne pourrait profiter de sa présidence du Conseil de l’UE au premier semestre 2025 pour réviser certaines politiques environnementales clés de l’Union, notamment le système d’échange de quotas d’émissions pour les secteurs du bâtiment et du transport routier (SEQE 2), selon les médias polonais.
Le nouveau système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (SEQE 2), axé sur les bâtiments, le transport routier et d’autres secteurs non couverts par le SEQE 1, pourrait affecter l’économie et la société polonaises lors de son entrée en vigueur en 2027.
« Le SEQE 2 est inacceptable pour la Pologne dans sa forme actuelle », a insisté Katarzyna Pełczyńska-Nałęcz, ministre polonaise des Fonds de développement et de la Politique régionale.
Le système augmenterait considérablement les coûts pour les ménages qui utilisent encore du charbon et d’autres combustibles fossiles pour se chauffer, a-t-elle expliqué.
La Pologne souhaite discuter de sa révision lors du sommet du Conseil européen qui a lieu jeudi et vendredi (27-28 juin).
« Nous devrions d’abord signaler la nécessité d’un changement et ensuite mettre sur la table une proposition de modification », a poursuivi la ministre.
D’après Wanda Buk, ancienne vice-présidente du groupe énergétique polonais (PGE) et Marcin Izdebski du groupe de réflexion conservateur Republican Foundation, avec le nouveau système, un ménage moyen qui utilise le gaz pour se chauffer dépenserait 6 300 zlotys (1 500 €) de plus pour le chauffage entre 2027 et 2030 et 24 000 zlotys (5 600 €) entre 2027 et 2035.
Un ménage se chauffant au charbon serait encore plus touché, puisqu’il paierait 10 300 zlotys (2 400 €) de plus entre 2027 et 2030 et 39 000 zlotys (9 000 €) de plus entre 2027 et 2035, selon les mêmes estimations.
Pour remédier à cela, la Pologne envisage de retarder l’introduction du SEQUE 2 d’un an ou deux et propose de prendre en compte les différents points de départ de chaque État membre de l’UE en matière de transition énergétique et de fixer des trajectoires individuelles pour atteindre des objectifs climatiques spécifiques, a rapporté le média économique Money.pl.
Citant des sources gouvernementales, le média rapporte qu’« encore environ trois millions de ménages » seraient touchés par « une augmentation de 50 % des prix du chauffage » à cause du SEQE. Dans sa forme actuelle, le système fixerait le prix de l’émission d’une tonne de CO2 par un bâtiment résidentiel à 45 € pour les deux premières années, alors que le maximum que la Pologne puisse accepter est de 20 €, note une autre source.
Le bureau du Premier ministre polonais Donald Tusk travaille actuellement sur une liste d’amendements au SEQE 2 qui vont au-delà de la modification du nouveau système et incluent des changements plus profonds concernant la politique climatique de l’UE, notamment en se concentrant sur d’autres éléments du paquet « Ajustement à l’objectif 55 » (Fit For 55).
Les sources gouvernementales doutent que les États membres de l’UE abordent la révision du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) lors du sommet européen de cette semaine, qui se concentreront notamment les négociations concernant les top jobs de l’Union. Elles comptent néanmoins sur une discussion plus large qui débutera au premier semestre 2025, lorsque la Pologne sera à la tête du Conseil de l’UE.
Outre la Pologne, la France envisage également une révision du SEQE 2, selon une autre source. Toutefois, le maintien de cette trajectoire dépendra des résultats des élections législatives du 30 juin et du 7 juillet.
Les partis écologistes ont subi un revers aux élections européennes dans de nombreux pays de l’UE. Au Parlement européen, le groupe des Verts/ALE disposent de 54 sièges, contre 71 pour la législature précédente, ce qui en ferait le sixième groupe le plus important de l’Union européenne.
« Les résultats de ces élections montrent qu’il faut revoir le Green Deal », a déclaré une source tout en soulignant la nécessité de former d’abord une nouvelle Commission européenne, indispensable pour prendre des décisions contraignantes.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]