A Londres, Hollande plaide pour une Europe à plusieurs vitesses

La vision européenne de David Cameron est compatible avec la politique européenne de la France, a affirmé le Président français, dans une atmosphère tendue.

EURACTIV.fr
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La vision européenne de David Cameron est compatible avec la politique européenne de la France, a affirmé le Président français, dans une atmosphère tendue.

La première rencontre entre David Cameron et François Hollande, mardi 10 juillet, s’est conclue sur une conférence de presse dans une ambiance assez tendue. 

« Chacun à son rythme »

Depuis plusieurs semaines, la position du Premier ministre britannique sur l’UE est contestée dans son propre parti. Certains députés conservateurs demandent à nouveau qu’un référendum sur l’appartenance à l’Europe soit organisé au Royaume-Uni.

« La Grande-Bretagne a besoin de l’UE », mais n’est pas heureuse « dans sa relation » avec elle « et « nous avons besoin de changements », a déclaré David Cameron.

En réponse, le Président français a plaidé pour une Europe à plusieurs vitesses. « La Grande-Bretagne n’entend pas devenir membre de la zone euro, elle n’entend pas freiner ce que doivent faire les pays de la zone euro. » »Nous devons concevoir l’Europe à plusieurs vitesses, chacun venant à son rythme, prenant ce qu’il veut dans l’Union, dans le respect des autres pays », a-t-il ajouté. 

Ce pragmatisme français contraste avec les reproches historiques formulés à l’encontre de Londres sur son opportunisme vis-à-vis de l’UE.

Tapis rouge

Sous couvert de légèreté, les deux dirigeants ont par ailleurs alterné les piques. 

La sortie de David Cameron, lors du dernier sommet du G20 des 18 et 19 juin, sur le « tapis rouge » que le Royaume-Uni se proposait de dérouler aux entreprises françaises fuyant l’augmentation des impôts opérée par le nouveau gouvernement a été remise sur la table. 

Interrogé par un journaliste pour savoir s’il tenait rigueur de cette boutade à son homologue britannique, le Président français a répondu par une pirouette : « J’apprécie beaucoup l’humour britannique. J’étais très content qu’on m’offre un tapis.» 

Les deux hommes se sont aussi taclés sur la tranche marginale d’imposition. Le Chef de l’État a rappelé à son homologue qu’elle était moins élevée en France (41%), qu’en Grande-Bretagne (45%). « Cela n’incite pas pour autant les Britanniques à s’établir en France, sauf pour les maisons de vacances », s’est amusé Hollande.     

Coopération industrielle

La coopération industrielle est le sujet d’accord le plus important entre les deux pays. « Nous avons la volonté de développer des drones en commun », a déclaré le Président français. Le domaine spatial a aussi été évoqué. Le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian doit se rendre à Londres le 24 juillet pour négocier des contrats.    

Les deux dirigeants ont aussi souligné les points de convergence dans le domaine de la régulation bancaire ou sur des dossiers internationaux comme la Syrie.

Leur position sur le futur budget européen converge également : la proposition de la Commission européenne de « dépenser 14 milliards d’euros de plus chaque année » pour la prochaine période budgétaire est « inacceptable » pour les deux dirigeants.