À Munich, JD Vance reproche à l’UE ses politiques et évite de mentionner l’Ukraine
Le vice-président américain, JD Vance, a lancé ce vendredi une attaque frontale contre le recul de l’Europe par rapport à ses « valeurs fondamentales », tout en offrant peu d’informations sur les projets de Donald Trump concernant les pourparlers de paix en Ukraine.
Munich, Allemagne — Le vice-président américain, JD Vance, a lancé ce vendredi une attaque frontale contre le recul de l’Europe par rapport à ses « valeurs fondamentales », tout en offrant peu d’informations sur les projets de Donald Trump concernant les pourparlers de paix en Ukraine.
« La menace qui m’inquiète le plus vis-à-vis de l’Europe n’est pas la Russie, ni la Chine, ni aucun autre acteur extérieur », a déclaré JD Vance dans son discours très attendu à la Conférence de Munich sur la sécurité.
« Ce qui m’inquiète, c’est la menace intérieure, le recul de l’Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales, des valeurs partagées avec les États-Unis d’Amérique. »
Le vice-président américain a accusé la réglementation européenne relative aux grandes entreprises technologiques de porter atteinte à la liberté d’expression et attribué une série d’attentats très médiatisés en Allemagne, en Suède et au Royaume-Uni à des politiques migratoires « woke ».
« Au Royaume-Uni et dans toute l’Europe, la liberté d’expression, je le crains, est en recul », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs laissé entendre que les remarques faites le mois dernier par l’ancien commissaire européen Thierry Breton — ancien adversaire du collègue de JD Vance, Elon Musk — montraient la tendance antidémocratique de l’Europe. Les commentaires de Thierry Breton concernaient l’annulation de l’élection présidentielle en Roumanie en raison d’une ingérence présumée de la Russie.
« Il a prévenu que si les choses ne se déroulaient pas comme prévu, la même chose pourrait se produire en Allemagne », a poursuivi JD Vance, ajoutant que de telles déclarations sont « choquantes à entendre pour les Américains ». Les élections fédérales allemandes auront lieu dimanche prochain, le 23 février.
Jeu de devinettes sur l’Ukraine
Le discours du vice-président américain manquait en revanche de substance sur les menaces extérieures pesant sur la sécurité de l’Europe et n’offrait que peu d’explications sur les événements dramatiques provoqués par les États-Unis au cours des deux derniers jours.
Notamment, la révélation faite mercredi par le président Donald Trump selon laquelle lui et Vladimir Poutine entameraient « immédiatement » des pourparlers de paix sur la guerre en Ukraine a pris les Européens par surprise. L’Union européenne (UE) et l’Ukraine craignent toutes deux d’être mises sur le banc de touche dans un futur accord, et que celui-ci soit trop favorable à la Russie.
Mais à la grande surprise de son public, JD Vance a évité d’aborder le sujet, se contentant de dire que « l’administration Trump est très préoccupée par la sécurité européenne et estime que nous pouvons parvenir à un règlement raisonnable entre la Russie et l’Ukraine ».
Avant de se rendre à Munich, JD Vance avait déclaré au Wall Street Journal que Washington disposerait d’« outils de pression économiques et militaires » si la Russie n’acceptait pas un accord de paix satisfaisant avec l’Ukraine.
Une réunion entre la délégation américaine, dirigée par JD Vance, et le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait avoir lieu en marge de la conférence de Munich ce vendredi en fin d’après-midi.
On ne sait toujours pas si le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui devait participer aux pourparlers, arrivera à temps à Munich, car son avion a été contraint de retourner à Washington en raison de problèmes techniques.
(AM)