Abandon du charbon en Bulgarie : les mineurs continuent de protester
Cela fait trois jours que les mineurs bulgares protestent en bloquant les autoroutes et les routes clés du sud de la Bulgarie pour dénoncer les mesures du gouvernement en matière de transition écologique.
Cela fait trois jours que les mineurs bulgares protestent en bloquant les autoroutes et les routes clés du sud de la Bulgarie pour dénoncer les mesures du gouvernement en matière de transition écologique. Les syndicats refusent toujours de se présenter au Conseil des ministres pour des négociations avec le Premier ministre Nikolaï Denkov.
Vendredi dernier (29 septembre), le gouvernement bulgare a officiellement soumis ses plans territoriaux pour une transition juste (PTTJ) à la Commission européenne. Dans ces plans, les députés de la majorité parlementaire ont promis que les centrales électriques au charbon en Bulgarie seraient progressivement fermées d’ici 2038.
La Bulgarie attend 1,8 milliard d’euros de la part de l’UE pour réaliser la transition écologique dans ses régions charbonnières sans perdre d’emplois.
Depuis cette annonce et en dépit des efforts visant à rassurer les travailleurs du secteur charbonnier, les manifestations se poursuivent et M. Denkov soupçonne une ingérence politique à l’approche des élections locales, qui se tiendront à la fin du mois d’octobre.
Le Premier ministre a appelé les partis politiques à ne pas « abuser des craintes des travailleurs du secteur de l’énergie et des mineurs dans leur campagne pour les élections locales ».
Dimanche (1er octobre), il a abordé cette question avec différents dirigeants politiques, en faisant remarquer que certaines des revendications des manifestants avaient déjà été résolues dans les plans territoriaux soumis à la Commission et que certains responsables politiques avaient induit les mineurs en erreur. Le même jour, les syndicats ont refusé de se présenter au Conseil des ministres pour des négociations.
Chaque mineur ou travailleur d’une centrale électrique au charbon qui se retrouve sans emploi s’est vu promettre 36 mois de salaire à titre de compensation, soit 75 000 euros. Ce montant équivaut à 75 salaires moyens en Bulgarie, qui est le pays le plus pauvre de l’Union européenne. Les travailleurs du secteur du charbon qui ne veulent pas partir seront employés par une entreprise publique chargée de la transition écologique dans ces régions.
Il y a une semaine, dans la capitale, Sofia, les travailleurs du secteur ont à nouveau manifesté, mais ont cessé leur action après que le gouvernement leur a promis des emplois. À la fin de la semaine dernière, les manifestations ont repris, car elles s’opposaient à la décision des autorités d’abandonner progressivement l’électricité produite à partir du charbon avant 2038.
Les manifestants exigent que les centrales électriques au charbon fonctionnent à pleine capacité jusqu’en 2038, date à laquelle elles seront définitivement fermées. Le gouvernement peut difficilement donner suite à cette proposition, car ces centrales perdent déjà des dizaines de millions d’euros en raison des émissions de gaz à effet de serre.
« Nous insistons sur la nécessité d’une réunion extraordinaire du Conseil des ministres avec un seul sujet à l’ordre du jour : le retrait des plans territoriaux soumis pour une transition juste. Le délai de soumission à la Commission européenne a été respecté, mais nous voulons maintenant qu’ils soient corrigés, et nos demandes seront satisfaites », ont déclaré certains syndicats de la région houillère de Stara Zagora.
« Ces personnes savent ce qui va se passer. La question est de savoir comment cela va se passer. Toute la conversation et la crispation tournent autour de cette question », a commenté Dimitar Manolov, président du syndicat de Podkrepa.
« Si nous perdons cet argent pour le développement des régions charbonnières, ce sera un crime pour les travailleurs et leurs enfants », a déclaré M. Denkov.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]