Adhésion à l’UE : la Serbie n’a pas de « plan B », selon Ana Brnabić
La Première ministre serbe Ana Brnabić a déclaré que la seule option pour un avenir durable et prospère pour la Serbie est de rejoindre l’Union européenne, ajoutant qu’il n’y a pas de plan B.
La Première ministre serbe Ana Brnabić a déclaré que la seule option pour un avenir durable et prospère pour la Serbie est de rejoindre l’Union européenne, ajoutant qu’il n’y a pas de plan B.
S’exprimant lors d’un panel organisé par EURACTIV Serbie, Mme Brnabić a souligné qu’il s’agissait de la principale priorité stratégique de Belgrade en matière de politique étrangère.
« Économiquement, nous faisons déjà partie de l’Union européenne, et culturellement, géographiquement et historiquement, nous faisons partie du continent européen et de la famille européenne. En fin de compte, je ne pense pas que nous ayons un plan B », a déclaré la Première ministre.
Mme Brnabić a ajouté que la Serbie avait ouvert deux des cinq volets de négociations d’adhésion à l’UE et qu’elle espérait qu’un autre serait ouvert d’ici la fin de l’année.
« Je dois dire que le voyage est souvent plus important que la destination elle-même. Les changements que nous mettons en œuvre, afin de faire partie de l’UE, nous les introduisons en premier lieu parce qu’ils sont bons pour nos citoyens, l’économie et la société », a souligné la Première ministre.
Elle a déclaré que l’Union européenne est le projet de paix le plus réussi de l’histoire de l’humanité et que « si quelqu’un doit faire partie de ce processus de paix, c’est certainement les Balkans ».
Elle a également souligné que le processus d’adhésion est un travail très complexe et bureaucratique et a évoqué la division de ce processus en trois piliers clés : l’administration publique, l’État de droit et l’économie. « En réformant ces piliers, on réforme le pays et la société », explique-t-elle.
Économie et administration
Selon la Première ministre, c’est dans le domaine de l’économie que la Serbie a fait le plus de progrès. En effet, la dette publique s’élève actuellement à 51,4 %, le taux de chômage est inférieur à 9 % et le déficit budgétaire sera vraisemblablement de 2,8 %. Parallèlement, elle a déclaré que le salaire moyen en Serbie rattrapait lentement la norme de l’Union européenne.
« Nous avons beaucoup progressé au cours des sept dernières années, et l’introduction de l’administration électronique est particulièrement significative, car nous avons maintenant un gouvernement totalement transparent et accessible aux citoyens 24 heures sur 24, sept jours sur sept, 365 jours par an, ainsi qu’un gouvernement qui lutte contre la corruption », a déclaré la cheffe d’État. Elle a toutefois ajouté qu’il y a encore du travail à réaliser dans ce domaine.
État de droit
Évoquant l’État de droit, elle a déclaré que de nombreuses réformes doivent encore être mises en œuvre, notamment la pleine application de la stratégie des médias, la lutte contre la corruption, l’amélioration des droits humains et des minorités nationales.
« Je dois souligner que nous avons pleinement mis en œuvre les réformes que je considère comme les plus complexes. Il s’agit de la réforme du système judiciaire. Nous avons modifié notre Constitution, avec le soutien de l’Union européenne, du Conseil de l’Europe et de la Commission de Venise, afin de garantir l’indépendance de notre système judiciaire », a expliqué la Première ministre serbe.
Ana Brnabić a également souligné que deux autres questions se dressaient entre la Serbie et son adhésion : la normalisation des relations avec Pristina et la question des sanctions contre la Russie.
« Le Kosovo n’est pas un enjeu qui dépend de nous seuls, il faut être deux pour danser le tango. Malheureusement, au cours des 24 derniers mois, et plus particulièrement l’année dernière, nous avons connu des tensions, des provocations et une instabilité constante. Le gouvernement, avec le grand soutien du président Aleksandar Vučić, essaie de rendre la situation aussi pacifique et stable que possible », a déclaré Mme Brnabić.
Elle a toutefois souligné que, pour faire partie de l’Union, son pays doit « respecter les règles » de celle-ci.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]