Albanie : le maire grec emprisonné reste en détention préventive
Le ministre grec des Affaires étrangères a soulevé la question de l’arrestation de Fredi Beleri, récemment élu maire de la ville d’Himarë, lors du Conseil des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles. Parallèlement, un tribunal de Tirana a décidé de garder M. Beleri en détention préventive.
Le ministre grec des Affaires étrangères, Níkos Déndias, a soulevé la question de l’arrestation de Fredi Beleri, récemment élu maire de la ville d’Himarë, lors du Conseil des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, où il a rencontré son homologue albanaise, Olta Xhaçka. Parallèlement, un tribunal de Tirana a décidé de garder M. Beleri en détention avant le début du procès.
M. Beleri, expatrié grec, s’est présenté aux élections municipales avec la coalition « Ensemble nous gagnons » mais a été arrêté deux jours avant les élections locales du 14 mai, car il était soupçonné d’avoir acheté des voix. La police a déclaré qu’il allait être accusé de corruption active dans le cadre des élections, ce que le candidat nie.
Fredi Beleri a remporté les élections, mais on ne sait pas encore s’il sera en mesure de prendre ses fonctions puisqu’il est toujours en prison.
Son arrestation a provoqué une rupture diplomatique entre Tirana et Athènes, le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et le ministre grec des Affaires étrangères estimant que cette décision pourrait contraindre la Grèce à bloquer l’adhésion de l’Albanie à l’Union européenne.
« En marge de la réunion du Conseil des Affaires étrangères de l’UE qui s’est tenue aujourd’hui, j’ai rencontré mon homologue albanaise, Olta Xhaçka. Au cours de la discussion, la question du maire élu de la municipalité de Himarë, Fredi Beleri, a également été soulevée », a déclaré lundi (22 mai) M. Déndias, sans donner davantage de détails concernant la rencontre.
Entre-temps, un tribunal de Tirana a décidé que le candidat resterait en prison dans l’attente de son procès. Il a été transféré du centre de détention de Vlora à une prison de Tirana dimanche (21 mai).
Le ministère des Affaires étrangères grec a réagi à cette annonce par voie de communiqué.
« La prolongation de la détention de Fredi Beleri, élu maire de la municipalité d’Himarë, heurte le sens de la justice […] et la perception européenne de l’État de droit », peut-on lire dans le communiqué.
Lundi, avant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, M. Déndias a réitéré l’appel de la Grèce à la libération de M. Beleri.
« Aujourd’hui, nous allons discuter de la question des Balkans occidentaux avec nos collègues du Conseil. J’aurai ainsi l’occasion de soulever clairement la question de l’arrestation du maire élu de la municipalité d’Himarë, Fredi Beleri. Je rencontrerai également mon homologue albanaise. Je pense que la conversation sera très intéressante », avait indiqué M. Déndias sur Twitter en amont de la rencontre.
Selon des éléments de preuve divulgués par les médias albanais, des écoutes téléphoniques auraient révélé l’existence du projet d’achat de votes de l’élu pour les élections locales. Il aurait reçu une liste de noms de personnes qui voteraient pour lui en échange 5 000 leks (45 euros). Il aurait ensuite promis à la personne qui lui a founri cette liste de lui donner l’équivalent de 300 euros.
L’enquête indique également que l’argent n’a pas été remis par M. Beleri lui même mais par une troisième personne qui aurait rencontré l’intermédiaire dans un bar d’Himarë pour le payer.
M. Mitsotákis a déclaré dimanche que le comportement des autorités albanaises allait à l’encontre de l’unité de l’UE et que si l’Albanie continuait sur cette voie, cela aurait un impact non seulement sur les relations bilatérales, mais aussi sur les aspirations de l’Albanie à rejoindre l’UE.
« Je n’accepterai pas un tel comportement aux dépens des Grecs. Ce qui est arrivé à Fredi Beleri est inacceptable et inimaginable », a-t-il déclaré.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]