Allemagne : Angela Merkel obtient la chancellerie [FR]
C'est finalement bien la chrétienne-démocrate Angela Merkel qui occupera le poste de chancelière de la république d'Allemagne. Liée par l'accord conclu avec le SPD, Mme Merkel ne devrait pas être en mesure d'appliquer le programme de réformes sur lequel elle avait fait campagne.
C’est finalement bien la chrétienne-démocrate Angela Merkel qui occupera le poste de chancelière de la république d’Allemagne. Liée par l’accord conclu avec le SPD, Mme Merkel ne devrait pas être en mesure d’appliquer le programme de réformes sur lequel elle avait fait campagne.
La voie est désormais libre pour Angela Merkel, qui sera donc la première femme à accéder à la chancellerie allemande. Au terme de trois semaines de tractations délicates, ayant fait suite au scrutin très serré du 18 septembre, les conservateurs de la CDU et les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de former une « grande coalition » placée sous la direction de Mme Merkel. Les divergences entre les deux partenaires sont cependant loin d’être aplanies, et les orientations de l’action du futur gouvernement doivent encore faire l’objet de discussions entre les deux partenaires.
Avant les élections, le secteur privé espérait que la CDU disposerait d’une majorité suffisante pour pouvoir mettre en oeuvre son ambitieux programme de réformes économiques. Tel ne sera pas le cas avec la formation d’une grande-coalition CDU-SPD, dont les deux composantes défendent des positions très éloignées sur des sujets tels que la réforme du marché de l’emploi ou la réforme du système de santé. En outre, le résultat des élections législatives montre que les électeurs allemands sont hostiles à l’application d’un programme de réformes aussi radical que celui proposé par les chrétiens-démocrates et leurs alliés libéraux.
Dans un tel contexte, le patronat allemand redoute un blocage du processus de réformes, voire une montée de l’instabilité politique, autant de développements néfastes à l’activité économique dans le pays.
La CDU et le SPD se sont entendus sur la répartition d’un certain nombre de portefeuilles ministériels : s’ils laissent la chancellerie à Angela Merkel et le ministère de l’économie à Edmund Stoiber (leader de la CSU, la branche bavaroise de la CDU), les sociaux-démocrates obtiennent les finances, la justice, l’environnement, la santé, le développement, les transports, l’emploi et les affaires étrangères.
Sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, il est probable que la formation d’une grande coalition oblige la CDU à modérer son discours. Jusqu’ici ouvertement partisans d’une solution de type « partenariat privilégié », les chrétiens-démocrates devront composer avec un SPD favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union.