Allemagne : Olaf Scholz défend les contrôles aux frontières face aux critiques
L’Allemagne est déterminée à instaurer des contrôles à ses frontières, a expliqué le chancelier Olaf Scholz, mercredi 11 septembre. Des propos qui font suite aux critiques venues des pays voisins, comme la Pologne.
L’Allemagne est déterminée à instaurer des contrôles à ses frontières, a expliqué le chancelier Olaf Scholz, mercredi 11 septembre. Des propos qui font suite aux critiques venues des pays voisins, comme la Pologne.
Mardi 10 septembre, le Premier ministre polonais pro-européen Donald Tusk (PO, Parti populaire européen) a vivement critiqué les projets de Berlin de mettre en place des contrôles à toutes ses frontières terrestres, qualifiant ces actions d’« inacceptables ».
Face aux députés du Bundestag, le chancelier Olaf Scholz (SPD, Socialistes et Démocrates européens) a défendu les choix de son gouvernement.
« Nous poursuivrons cette approche fructueuse, […], nous le faisons, même si cela devient difficile avec nos voisins », a-t-il affirmé mercredi. « Je crois […] qu’il est nécessaire pour nous d’endurer ce différend [avec les voisins européens]. »
L’Allemagne a déjà mis en place des contrôles à ses frontières avec la Pologne, la République tchèque, l’Autriche et la Suisse et le ministère de l’Intérieur devrait partout les élargir à partir de le semaine prochaine.
Le chancelier allemand s’en est également pris à l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui s’est retirée des négociations sur les questions d’immigration. La CDU est le principal parti d’opposition en Allemagne et est un proche allié de la Plateforme civique (PO) du Premier ministre polonais, tous deux étant membres du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen.
Le Pacte européen sur la migration et l’asile sera transposé cette année
La CDU s’est en effet retirée des négociations qui se tenaient avec le gouvernement sur les questions migratoires, après que l’exécutif ait refusé de refouler de façon systématique les migrants en situation irrégulière, avertissant qu’il s’agirait d’une violation du droit européen.
« Certains d’entre vous sont maintenant surpris que les pays voisins soient encore là », a déclaré Olaf Scholz. « Je voudrais dire explicitement que le pouvoir de la République fédérale d’Allemagne s’arrête à [sa] frontière. »
Le chancelier socialiste a toutefois réaffirmé que toute mesure prise dans le cadre de la crise est censée être temporaire. Ces dispositions prendront fin à l’entrée en vigueur de la réforme de la politique migratoire de l’UE, le Pacte sur la migration et l’asile récemment approuvé et que les États membres s’attellent désormais à mettre en œuvre.
L’Allemagne a « presque finalisé » la transposition nécessaire de cette législation de l’UE. Les mesures européennes « arriveront bientôt au Bundestag et seront adoptées cette année [par les députés] », a indiqué Olaf Scholz.
[Édité par Anne-Sophie Gayet et Laurent Geslin]