Angela Merkel affiche sa fermeté dans l’affaire Prism

La chancelière allemande plaidera en faveur de règlements plus sévères sur la protection des données personnelles. Elle espère ainsi rassurer les électeurs à propos des révélations sur les pratiques d'espionnage avant les élections de septembre.

EURACTIV.com / Reuters
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La chancelière allemande plaidera en faveur de règlements plus sévères sur la protection des données personnelles. Elle espère ainsi rassurer les électeurs à propos des révélations sur les pratiques d'espionnage avant les élections de septembre.

 



Lors d'un entretien sur la chaîne de télévision ARD le 14 juillet, Angela Merkel a dit espérer qu'à l'avenir les États-Unis respecteront le droit allemand. Cette précision pourrait être interprétée comme une reconnaissance que les techniques d'espionnage pourraient avoir enfreint le droit allemand.

 À quel point la chancelière et son gouvernement étaient-ils au courant des activités d'espionnage de l'Agence américaine de la sécurité nationale (NSA) en Allemagne ? Cette question a touché la corde sensible et pourrait d’ailleurs avoir des répercussions sur les résultats des élections de septembre.

Selon Angela Merkel, des règles européennes plus strictes sont nécessaires.

« L'Allemagne a clairement fait savoir qu'elle voulait que les entreprises de l'Internet nous disent en Europe à qui ces données étaient transmises », a-t-elle déclaré à l'ARD.

« Notre droit sur la protection des données est bon. Mais si Facebook est enregistré en Irlande, alors le droit irlandais s'applique et de ce fait nous souhaitons un droit européen harmonisé », a-t-elle déclaré, en ajoutant que la population s'inquiétait de l’utilisation des données en dehors de l'Allemagne.

« L'Allemagne prendra une position stricte », a-t-elle précisé.

Le mois dernier, des représentants américains ont confirmé l'existence d'un programme de surveillance électronique, connu sous le nom de code Prism. L'ancien informaticien de la NSA Edward Snowden a expliqué que plusieurs géants de l'Internet, comme Google, Facebook, Skype et d'autres entreprises américaines, fournissaient à la NSA des données sur des utilisateurs en Europe et dans le reste du monde.

Par ailleurs, les États-Unis sont également accusés d'avoir mis sous surveillance des administrations et des dirigeants en Europe et en Allemagne.

La chancelière a clairement pointé les États-Unis du doigt.

« J'attends un engagement ferme de la part du gouvernement américain qu'à l'avenir il respecte le droit allemand », a-t-elle déclaré.

Les pratiques d'espionnage de gouvernement sont un sujet particulièrement sensible outre-Rhin en raison de la surveillance intense des citoyens pratiquée dans l'Allemagne de l'Est communiste et sous le régime nazi. Un article de magazine publié la dernière semaine révélant la collaboration d’espions allemands avec la NSA a suscité une vague d'indignation.

La chancelière Angela Merkel a dépêché son ministre de l'intérieur à Washington la semaine dernière pour obtenir des réponses concernant les pratiques d'espionnage. Des partis de l'opposition se sont toutefois moqués du ministre, car il n'a présenté aucune garantie ou concession de la part des Américains.

Le scandale se transforme en question électorale. Angela Merkel, en lice pour un troisième mandat, ne doit pas donner l'impression qu'elle en savait plus que ce qu'elle a déclaré.

Son rival social-démocrate, Peer Steinbrück, l'a accusé de ne pas respecter sa promesse.

« Mme Merkel a juré de protéger la population allemande contre des dommages. Il s'avère à présent que les droits fondamentaux des citoyens allemands ont été massivement enfreints », a-t-il expliqué au journal Bild am Sonntag. « J'ai une vision différente de la protection de la population contre les dommages. »