Ankara et Berlin croisent le fer à propos de Chypre

Angela Merkel, la chancelière allemande, a apporté son soutien hier (25 février) à l’ouverture d’un nouveau chapitre des négociations bloquées sur l’adhésion de la Turquie à l’UE. Elle a cependant croisé le fer avec Ankara sur l’impasse autour de l’île divisée de Chypre.

EURACTIV.com
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Angela Merkel, la chancelière allemande, a apporté son soutien hier (25 février) à l’ouverture d’un nouveau chapitre des négociations bloquées sur l’adhésion de la Turquie à l’UE. Elle a cependant croisé le fer avec Ankara sur l’impasse autour de l’île divisée de Chypre.

 

Au cours d’une mission en Turquie, Angela Merkel a exprimé des réserves sur l'adhésion pleine et entière de la Turquie à l'Union européenne. Elle a cependant indiqué que le processus devait néanmoins être poursuivi.

 

« Nous voulons que ce processus avance, même si j'ai des réserves sur une adhésion pleine et entière de la Turquie », a-t-elle déclaré, selon la Deutsche Welle. « Nous menons des négociations dont le résultat est ouvert, en d’autres termes, inconnu. »

 

Mme Merkel a également souligné que la Turquie avait mis en oeuvre le protocole d'Ankara en 2005. Ce protocole prévoit que la Turquie étende ses accords d'union douanière aux nouveaux États membres de l'UE, dont Chypre (voir « Contexte »).

 

« Nous avons besoin de progrès sur le protocole d'Ankara. Sinon nous ne pourrons pas continuer à ouvrir des chapitres de discussion », a-t-elle déclaré, aux côtés du premier ministre turc Recep Tayyip Erdo?an.

 

Selon le quotidien turc Hurriyet, M. Erdo?an aurait déclaré que son pays ne progresserait pas sur le protocole tant qu'« un embargo » n'était pas levé sur le nord de Chypre, détenu par le Turquie.

 

La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre et désigne l'île comme une « partie grecque de Chypre ».

 

M. Erdo?an aurait également indiqué que la Turquie aimerait contribuer à une solution à la question chypriote si le nouveau président élu Nicos Anastasiades était favorable à une telle proposition.

 

M. Anastasiades, chef de file du parti de centre-droit DISY, semble moins partisan d'un effort de réunification sous l'égide de l'ONU que son prédécesseur communiste Demetris Christofias.

 

M. Erdo?an pourrait choisir d'appliquer unilatéralement le protocole d'Ankara en ouvrant les ports et aéroports turcs aux bateaux et avions chypriotes, selon un éditorial d'Hurriyet.

 

La République de Chypre et ses alliés européens seraient donc en difficulté, car l'absence de solution ralentit l'adhésion de la Turquie à l'UE, peut-on lire dans cet éditorial.

 

« Même si la Turquie ne prend pas cette mesure unilatérale, je ne serai pas du tout surpris de voir des négociations diplomatiques intenses entre la Grèce, la Turquie et l'île d'ici cet été. »

 

Journalistes écroués

 

Interrogé sur des journalistes écroués en Turquie, M. Erdo?an a réitéré la position du gouvernement turc. Les journalistes n'ont pas été arrêtés en raison de leurs articles, mais à cause de « tentatives d'organisation d'un coup d’État […], de détention d'armes illégales ou d'appartenance à un mouvement terroriste », a-t-il déclaré.

 

Il a indiqué que le système judiciaire turc était indépendant, tout comme en Allemagne. « Le judiciaire n'est pas subordonné à l'exécutif », a-t-il précisé.