Antagonisme entre élargissement et querelle climatique [FR]

L’opposition de la Pologne et de plusieurs nouveaux membres de l’Union au paquet énergie et climat a soulevé des questions quant à la capacité d’une UE élargie à faire passer des agendas politiques aussi ambitieux.

pollution_yellow_sky.jpg
pollution_yellow_sky.jpg

L’opposition de la Pologne et de plusieurs nouveaux membres de l’Union au paquet énergie et climat a soulevé des questions quant à la capacité d’une UE élargie à faire passer des agendas politiques aussi ambitieux.

La « ligne de faille » de l’agenda climatique de l’UE s’est dessinée le long de ses frontières orientales, mettant à rude épreuve la capacité de l’Union élargie à réaliser ses ambitions, à savoir réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020. C’est ce qu’a indiqué Michael Zammit Cutajar, ancien président de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) le 19 novembre à Bruxelles. 

La Pologne et sept autres nouveaux Etats membres, aux côtés de l’Italie, ont attiré l’attention des médias sur leur opposition résolue à l’architecture du paquet énergie et climat de l’UE en invoquant le fait qu’il sera trop onéreux pour leur industrie et leur économie. 

La Commission espère que les Etats de l’UE pourront conclure un accord avant la fin de l’année pour éviter la confusion au niveau international. La crédibilité de l’UE dans les négociations de l’ONU tomberait à l’eau si les gouvernements n’arrivent pas à conclure un accord, a indiqué M. Zammit. 

Mais d’importantes oppositions subsistent, et les observateurs craignent qu’un accord sur le paquet ne sera pas possible en décembre (EURACTIV 19/11/08). 

De leur côté, les groupes de la société civile dans les nouveaux Etats membres s’efforcent de changer les préjugés à l’encontre de leurs pays, qui bloqueraient prétendument toute perspective d’avenir écologique pour les citoyens européens. Ils font dès lors pression sur les gouvernements pour accepter les plans proposés en janvier par Bruxelles. 

Le 24 novembre, des ONG en provenance des dix nouveaux pays membres de l’UE ont envoyé une lettre ouverte  à leurs gouvernements. Dans celle-ci, elles affirment que l’UE a la responsabilité historique de jouer un rôle de meneur dans la lutte contre le changement climatique à l’échelle internationale. Selon elles, les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) doivent décider s’ils veulent appartenir au groupe des leaders ou à celui des nations à la traîne. 

Malgré la volonté des ONG, le public dans de nombreux PECO est soit mal informé à propos du changement climatique, soit sceptique à l’égard des bénéfices économiques de leurs efforts de réduction. 

Certains membres de l’élite politique de ces pays, notamment le président tchèque Vaclav Klaus, ont fait la une des médias en contestant le fait que le changement climatique est d’origine humaine. Le scepticisme de M. Klaus a suscité des inquiétudes quant à la volonté de la prochaine présidence tchèque de l’UE, qui prend le relais de la France en janvier 2009, à appuyer résolument un accord sur le paquet énergie et climat au cas où les Etats membres ne parviennent pas à décrocher un accord avant la fin de l’année.