Après le référendum sur l’UE, la Moldavie prépare déjà la bataille des législatives de l’année prochaine
Après les résultats très serrés du référendum et de la présidentielle de ce week-end en Moldavie, les dirigeants de Bruxelles redoutent que les législatives de 2025 puissent remettre en cause l’orientation pro-européenne du pays.
Après les résultats très serrés du référendum et de la présidentielle de ce week-end en Moldavie, les dirigeants de Bruxelles redoutent que les législatives de 2025 puissent remettre en cause l’orientation pro-européenne du pays.
Le référendum de dimanche 20 octobre sur l’inscription de l’adhésion à l’Union européenne (UE) dans la Constitution moldave n’a été validé que par à peine plus de 50 % des votants, ce qui constitue en soi un revers pour la présidente sortante pro-UE Maia Sandu.
Arrivée en tête du premier tour de la présidentielle qui se tenait également dimanche, cette dernière a appelé lundi 21 octobre ses partisans à se mobiliser contre la désinformation russe, et à soutenir l’orientation pro-européenne de l’actuel gouvernement lors des législatives qui auront lieu l’année prochaine.
S’adressant aux journalistes à Chișinău, Maia Sandu a répété que l’« ingérence » était en partie la raison des mauvais résultats du référendum. Elle a aussi accusé « des groupes criminels, travaillant de concert avec des forces étrangères hostiles à nos intérêts nationaux » d’avoir mené « une attaque sans précédent » contre la démocratie moldave.
« Nous avons gagné la première bataille d’un combat difficile qui déterminera l’avenir de notre pays », a-t-elle déclaré, appelant tous les électeurs à voter lors du second tour de la présidentielle, le 3 novembre prochain.
Les élections législatives qui doivent se tenir en 2025 constitueront « une dernière bataille » concernant la voie de l’adhésion de la Moldavie à l’UE, alors que les partis soutenus par la Russie continueront de tenter de faire dévier le pays de son objectif européen, a-t-elle affirmé.
Le rival de Maia Sandu pour le second tour, Alexandr Stoianoglo, un ancien procureur soutenu par les socialistes pro-russes, a expliqué « avoir de grandes chances de gagner le 3 novembre », qualifiant les résultats de dimanche d’« échec retentissant et honteux » pour le gouvernement.
Maia Sandu a obtenu 41,86 % des voix au premier tour de la présidentielle, contre 26,32 % pour Alexandr Stoianoglo.
Selon Marta Mucznik, une analyste de l’ONG Crisis Group, les deux scrutins qui se sont tenus en Moldavie dimanche ont révélé de « profondes divisions » dans la société de ce pays, ajoutant que l’impact des campagnes de désinformation pro-russes était « évident ».
« À l’approche des élections législatives de 2025, ces divisions sont susceptibles de façonner les discours politiques dans les mois à venir », souligne-t-elle dans un communiqué.
« Bruxelles et Chișinău doivent se préparer à des tensions croissantes et reconsidérer leurs stratégies si elles veulent promouvoir efficacement la perspective d’adhésion à l’UE », explique-t-elle.
Il s’agira alors d’intensifier « les efforts pour contrer la désinformation et faire la publicité des avantages de l’adhésion à l’UE, en particulier dans les zones rurales ».
Les dirigeants européens ont salué les résultats de dimanche, qui ont permis à la Moldavie de conserver — pour l’instant du moins — sa trajectoire européenne.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que la Moldavie avait choisi « un avenir européen » malgré « les stratégies hybrides de la Russie ».
« L’UE suivra de près l’évolution de la situation lors du second tour de l’élection présidentielle du 3 novembre et pendant la période précédant les élections législatives de 2025 », a pour sa part indiqué Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE.
Les législatives de 2025 seront déterminantes, car si le parti de Maia Sandu n’obtenait pas la majorité des voix, il pourrait être contraint de former une coalition avec un autre mouvement. E Et la majorité des autres partis favorables à l’intégration n’ont pas soutenu le référendum sur l’adhésion à l’UE, dans le but semble-t-il de se démarquer de la présidente sortante.
Pour certains observateurs, les résultats du référendum pourraient plus refléter un rejet de Maia Sandu qu’une opposition à une modification de la Constitution.
[Édité par Anne-Sophie Gayet et Laurent Geslin]