Après les Pays-Bas, l'extrême droite belge lance son propre site xénophobe
Aujourd'hui (10 avril), le Vlaams Belang, un parti belge d'extrême droite, a lancé un site Internet invitant la population à dénoncer des crimes commis par des immigrés clandestins. Ce site fait suite à une initiative similaire lancée aux Pays-Bas par le Parti pour la liberté d’extrême droite.
Aujourd'hui (10 avril), le Vlaams Belang, un parti belge d'extrême droite, a lancé un site Internet invitant la population à dénoncer des crimes commis par des immigrés clandestins. Ce site fait suite à une initiative similaire lancée aux Pays-Bas par le Parti pour la liberté d’extrême droite.
Le site Internet meldpuntillegaliteit.be mis en ligne par le Vlaams Belang invite la population à dénoncer anonymement des cas de fraudes à la sécurité sociale, de travail au noir ainsi que des crimes plus graves. Les militants contre le racisme ont comparé cette initiative aux techniques employées par les nazis.
Le Vlaams Belang portait le nom de Vlaams Blok, mais le parti a dû changer son nom en 2004 après que la Cour de cassation belge a rendu un arrêt condamnant les tendances racistes de ce mouvement politique.
Le Vlaams Belang dispose de 12 sièges à la chambre basse du parlement belge et de cinq sénateurs, mais il souffre de la popularité de l'Alliance Néo-Flamande (N-VA) séparatiste. La N-VA a remporté les élections nationales dans la Région flamande en juin 2010, mais il a été mis sur la touche par l'actuelle coalition au pouvoir dirigée par le premier ministre socialiste Elio Di Rupo.
Filip Dewinter, l'homme fort du Vlaams Belang, a déclaré que ce site Internet était nécessaire en raison de la présence de « dizaines de milliers d'immigrés clandestins » dans les villes belges et des problèmes qui en découlent.
Il a ajouté que les données récoltées seraient envoyées aux forces de police.
Jozef De Witte, le directeur du Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, a affirmé sur Radio 1 que ce site Internet rappelait les mesures prises par les nazis dans les années 1930 ou par la police secrète en Allemagne de l'Est lors de la guerre froide.
« C'est totalement illégal. M. Dewinter le sait parfaitement bien. Il veut provoquer et choquer », a déclaré M. De Witte.
Le Parti pour la liberté d'extrême droite aux Pays-Bas a lancé un site similaire demandant à la population de rapporter toutes les « nuisances » liées à la présence de travailleurs immigrés ou à des pertes d'emplois éventuelles (voir « Contexte »).
Le Parlement européen a quant à lui qualifié ce site de déplorable et a demandé au premier ministre néerlandais, Mark Rutte, de réagir.
Le parlement néerlandais a voté le mois dernier pour dénonce ce site Internet, mais M. Rutte, qui pour obtenir la majorité au sein de la chambre basse de 150 sièges a besoin du soutien des 23 députés du PVV, a jusqu'à présent refusé de le condamner.