Au Parlement européen, Reconquête veut rejoindre le groupe CRE de Giorgia Meloni

D’après les informations d’EURACTIV France, le parti Reconquête d’Éric Zemmour souhaite rejoindre le groupe des Conservateurs et réformistes européens, dont la leader est la Première ministre italienne Giorgia Meloni, après les élections de 2024.

Euractiv France
Reactions at Eric Zemmour campaign headquarters after the first round results
« Nous souhaitons intégrer [CRE] à l’issue des élections européennes », a confié une source de Reconquête ! à EURACTIV France. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

D’après les informations d’EURACTIV France, le parti Reconquête ! d’Éric Zemmour s’affaire activement pour rejoindre le groupe des Conservateurs et réformistes européens s’il obtient des eurodéputés à l’issue des élections européennes de 2024, bien que le groupe se garde de tout commentaire. 

Depuis son ralliement à Éric Zemmour aux élections présidentielles de 2022, Nicolas Bay, le seul parlementaire européen que compte Reconquête !, siège parmi les non-inscrits. Il avait alors quitté le Rassemblement national et le groupe Identité et Démocratie.

Ainsi, alors que Marion Maréchal vient d’être désignée comme tête de liste du parti pour les européennes de 2024, Reconquête ! cherche à se faire une place dans les différentes familles de la droite européenne.

Si les spéculations allaient bon train sur une possible adhésion aux Conservateurs et réformistes européens (CRE), une source au sein de Reconquête ! a confirmé à EURACTIV France le désir du parti de rejoindre le groupe, auquel appartient la Première ministre italienne, Giorgia Meloni.

« Des contacts formels et informels avec le groupe CRE » sont en cours, nous confirme une source bien informée au sein de Reconquête !.

« Nous souhaitons intégrer [CRE] à l’issue des élections européennes », confie-t-elle.

En outre, « nous partageons l’essentiel de notre plateforme politique », poursuit-elle, évoquant pêle-mêle l’identification à « la droite civilisationnelle », ou encore l’attachement aux « libertés économiques ».

Outre l’opposition déterminée à l’immigration, le parti d’Éric Zemmour se bat pour « la défense de la famille, le rejet catégorique du wokisme sous toutes ses formes et de l’activisme LGBT », nous confie-t-on pour justifier l’entrée dans CRE.

Par conséquent, Reconquête ! voit dans CRE « [sa] famille politique naturelle », celle qui souhaite une « réforme du fonctionnement des institutions européennes, du respect de la souveraineté des nations », poursuit notre source.

Rassembler les droites

À défaut d’une union des droites par un accord politique et partisan, Reconquête ! s’attelle à conquérir les électeurs autour de l’idée d’un combat civilisationnel.

« Nous avons l’opportunité de rassembler les électeurs de droite autour d’une grande bataille […] civilisationnelle, historique, vitale », a déclaré Marion Maréchal au journal télévisé de TF1 mercredi soir (6 septembre). Pour les convaincre, son projet politique consiste en « la défense de notre identité, de notre culture, de nos valeurs, qui sont aujourd’hui menacées par la submersion migratoire et l’islamisation ».

À ce stade, alors que la campagne électorale n’en est qu’aux balbutiements, Reconquête ! est crédité de 6,5 % à 7 %, ce qui lui permettrait de faire élire 5 à 6 députés. Marion Maréchal et Éric Zemmour espèrent bien progresser en chassant sur les terres du Rassemblement national, estimé autour de 25 %, des Républicains (8 % à 10 %) et de Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan (environ 3 %).

De Giorgia Meloni en Italie à Santiago Abascal chez Vox

Les Conservateurs et réformistes européens rassemblent des partis, partout dans l’Union européenne, appartenant à la droite, à la droite nationaliste et à l’extrême droite.

Ils se distinguent des eurosceptiques du groupe Identité et Démocratie (auquel appartient le RN de Marine Le Pen) par leur vision économique libérale et leur orientation plutôt pro-OTAN. Socialement conservateurs, CRE comporte des partis appartenant à des mouvances de droite dure catholique.

Si Reconquête parvient à entrer dans le groupe et à faire élire des eurodéputés, la France serait le 17eme État membre dans lequel CRE s’implante.

Le groupe est promis à des résultats électoraux plutôt bons, notamment du fait de la percée de Giorgia Meloni par rapport aux élections européennes de 2019. Entre temps, elle est devenue Première ministre en Italie en octobre 2022 et, depuis septembre 2020, elle dirige le Parti des conservateurs et réformistes européens — dont le groupe CRE est l’émanation au Parlement.

D’après nos estimations, CRE pourrait devenir la quatrième force politique du Parlement européen. A ce stade, le groupe pourrait obtenir 82 eurodéputés, soit un peu moins des 89 promis aux libéraux de Renew par les projections.

Le groupe et le parti comptent, parmi leurs membres, le parti de droite radicale Droit et Justice, au pouvoir en Pologne, ou encore le parti néo-franquiste Vox de Santiago Abascal en Espagne.

Rien n’est encore certain

Des sources au sein de CRE, contactées par EURACTIV pour confirmer les pourparlers ou même l’adhésion, ont indiqué que, pour l’heure, « rien n’est sur la table ».

En attendant, chez Eric Zemmour, l’on souhaite « faire élire un maximum de députés et occuper la place qui revient à Reconquête ! au sein du Parlement européen ».