Baroin veut s’inspirer de "l’état d’esprit" allemand en matière budgétaire
Lors d’une conférence, le ministre du Budget a cependant estimé que le coût social du modèle allemand n’était pas transposable en France.
Lors d’une conférence, le ministre du Budget a cependant estimé que le coût social du modèle allemand n’était pas transposable en France.
Face à la crise qui touche l’Europe, l’Allemagne fait figure de modèle en matière de gestion de son budget. « On ne va pas s’inspirer du modèle allemand mais on va s’inspirer de son état d’esprit, » a précisé le ministre du Budget, François Baroin, lors d’une conférence organisée par la Fondation pour l’innovation politique à Paris, jeudi 30 septembre. Le ministre a mis en avant le coût social du modèle allemand, en termes de modération des hausses de salaires et de stagnation du pouvoir d’achat. « Il serait socialement impossible de faire pareil en France », a-t-il expliqué.
Pour les économistes, la France pourrait s’inspirer d’autres mécanismes utilisés dans les pays voisins pour mieux gérer son budget et ses finances publiques.
Parmi eux, Jacques Delpla, membre du Conseil d’analyse économique, a proposé que la France inscrive dans sa constitution, comme c’est le cas en Allemagne, une règle budgétaire contraignante de moyen terme, avec une obligation constitutionnelle d’équilibre budgétaire.
Comité budgétaire
L’économiste a également demandé au gouvernement de « sortir de l’alchimie budgétaire pour aller vers quelque chose de plus scientifique ». Il a ainsi proposé la création d’un comité budgétaire indépendant, sur le modèle britannique.
Au Royaume-Uni, le ministre de l’Économie George Osborne a créé le Bureau pour la responsabilité budgétaire, un organisme indépendant chargé d’établir les prévisions économiques et budgétaires. Des comités similaires existent également aux Pays-Bas, en Suède, en Slovénie et en Slovaquie et l’Allemagne va en créer un, a-t-il précisé. D’après lui, le comité français devrait étudier le bon niveau de la dette et le déficit à long terme, la stratégie budgétaire à mener sur la mandature et la loi de finances de chaque année. « C’est une structure qui respecte le choix politique, mais le choix politique, ce n’est pas faire n’importe quoi. Les économistes doivent pouvoir dire si le choix est cohérent », a-t-il expliqué.
Enfin, il a proposé de revoir certaines politiques, telles que le logement, l’emploi ou la formation professionnelle. « On peut arriver aux même résultats, avec moins d’argent », a-t-il précisé. Il a ainsi mis en avant les pays nordiques, tout comme l’économiste Béatrice Majnoni d’Intignano. « Ces pays ont des dépenses sociales importantes, une inégalité et une pauvreté faible. Ils font mieux que nous dans le rapport efficacité/coût », a-t-elle précisé.